Ce
groupe, né en 1992,
hérite, comme tant d’autres, de la fibre
culturelle et identitaire, réhabilitée par les
années du "Riacquistu".
En 1999, ils
entrent dans la cour des grands avec leur premier album “I
soli ciuttati”.
De plaisir
partagé, la musique et le chant se font
expression.
Fin 2003 (du 23 novembre
au 6 décembre), ils enregistrent
leur deuxième album, "Cilva".
Premier album "I soli ciuttati" (1999)
Dépositaires
d’une tradition culturelle ancestrale, ils la revendiquent et
la subliment.
Ils souhaitent
transmettre,
partager, conserver ces
traditions, en
utilisant par exemple les instruments traditionnels que sont a cetera
et a pivana, mais ils ne s’en sentent pas prisonniers. Ils
construisent la tradition comme la tradition les construit. Ils aiment
à dire que leur tradition n’est pas
figée, mais au contraire vivante, en évolution,
en mouvement.
Les
sonorités, puisées aux sources
d’influences méditerranéennes,
surprennent et interpellent. Acoustique, sans surcharge, tout en
finesse, leur musique a grandi. Elle est totalement atypique dans
l’univers musical insulaire. Derrière
les accords, derrière
l’harmonie, on sent l’évolution du
groupe. Chaque note est pesée, calculée,
travaillée. L’initié entend ce travail
et l’apprécie, le profane lui, se laisse
simplement porter par l’alchimie des sons.
Sur scène, une autre communion se prépare. Le
plaisir qu’ils éprouvent à jouer
ensemble est quasi-palpable. L’énergie circule. La
force qui se dégage de ce groupe, issue d’une
autre forme d’harmonie, envahit la salle et remplit le
spectateur d’émotion.
(texte
communiqué par Jean-François Vega)
Deuxième album du groupe
l'ALBA, « CILVA »,
enregistré à Pigna du 23 novembre au 6
décembre 2003 et édité en...
décembre 2005, évoque une cité
imaginaire...
Cet album est l'aboutissement de quatre années
de travail, de recherche, de progression vocale et instrumentale.
Après avoir rodé leur musique dans les
différentes manifestations culturelles de l'île
(notamment aux Rencontres Polyphoniques de Calvi et au Festival du
vent), ces jeunes artistes présentent une musique
intemporelle, enracinée dans ses origines, et pourtant,
résolument ancrée dans leur époque,
résolument tournée vers l'avenir.
Les polyphonies
et les instruments traditionnels (cetera, violon, flûtes) se
mêlent à la clarinette, à la clarinette
basse, à l'accordéon, à la guitare
basse et à la batterie.
Un bel exemple de sublimation de la
tradition.
Extrait de la
présentation sur le site : Cilva
(l'album)
Cilva*
: la cité qui se trouve au-delà du miroir. Des
tranches de vie, crues, dans leur réalité froide
et dure. C’est cela qui fait de Cilva, plus une
cité universelle qu’une cité imaginaire.
Chacun
a sa propre Cilva. Pour l’une, ce sera la chambre dans
laquelle elle reste enfermée. Pour l’autre ce sera
l’univers convivial du café à
l’heure de l’apéritif. Pour un
troisième, ce sera la rue dans laquelle il a grandi...
ALBA
nous décrit des instants que chacun de nous a pu vivre et
connaitre un jour, des instants d’un quotidien qui peut
paraître trivial mais que la musique sublime,
qu’elle met en perspective et à qui elle rend sa
profondeur. Le plus petit, le plus simple de ces moments de
vie est porteur d’une grande leçon, latente la
plupart du temps, et qui émerge parfois telle une
illumination, qui donne un sens à tout. La musique est le
vecteur de cette émergence, de cette prise de conscience des
leçons de la vie. C’est ce qui fait que chacun de
ces moments, chacun de ces messages, est porteur à la fois
de son extrême singularité et de sa puissante
universalité.
Dans
ce disque, les chansons et les musiques forment une unité
qui est elle-même message. De ce fait, on y trouve plusieurs
niveaux de lecture, qui permettront aux âmes
poétiques de lire entre les lignes, aux musiciens
d’entendre entre les notes et d’identifier les
connexions entre les chansons, sans laisser de
côté le public le moins averti, qui sera
touché par les mélodies et par la
variété des styles, de la ballade à la
musique tribale !
Sept
musiciens composent à présent le groupe ALBA.
L'identité d’ALBA
Benjamin
Dolignon : chanteur de polyphonies, originaire de
haute Balagne, connaît profondément le
répertoire traditionnel. La Terza d’ALBA (voix la plus haute dans les
polyphonies)
Ceccè
Guironnet : travaille la musique à Pigna
et chante depuis l’enfance, joue des instruments à
vent traditionnels, inspiré de cette culture il donne ce son
particulier à la clarinette et clarinette basse. Le souffle d’ALBA.
Cédric
Savelli : chanteur et instrumentiste à
cordes, frénétique du plectre et de
l’archet, voyage pour se nourrir de diverses
expériences. Les cordes d’ALBA.
Eric
Ferrari : bassiste et contre bassiste, riche
d’un parcours scénique européen et
outre-Atlantique, il se tourne vers la Balagne apportant swing et
expérience. L’assise d’ALBA.
Jean-François
Véga : guitariste,
chanteur, a écrit la plupart des musiques et textes de Cilva. Les mots d’ALBA.
Sébastien
Lafarge : issu d’une famille de musiciens,
chante depuis dix ans avec l’Alba. La voix d’ALBA.
Marie Manfredi : La nouvelle recrue d'Alba. Sa batterie s'intègre parfaitement dans la musique du groupe. Avec sa sensibilité et ses compétences, Marie emmène désormais les six garçons vers d'autres horizons.
(texte
communiqué par Jean-François Vega)
Le groupe a
élargi ses sources et ses références,
de nouveaux instruments font leur apparition pour apporter une touche
d’originalité et marquer la différence
avec le premier album.
L’album
tout entier donne à entendre une recherche musicale pointue
et un énorme travail de préparation,
d’affinage, pour que chaque chose soit à sa place.
Très originale, la musique de L'ALBA mêle
chant polyphonique et
instruments (guitare, percussions, basse, cetera, violon,
accordéon, flûtes, clarinette, clarinette basse).
A
l'écoute, l'héritage polyphonique du "Riacquistu"
est là, mais élargi à d'autres
influences méditerranéennes. Cela peut parfois
évoquer la musique klezmer, voire, fugitivement... quelques
échos de John Coltrane ou d'Eric Dolphy !
Mars 2007 :
- Un 3e album ("Radiche suprane") en préparation pour l'Alba.
- L'enregistrement d'un concert de l'été 2006
bientôt accessible en téléchargement
sur le site www.jadstudios.fr
Cet
enregistrement est désormais disponible en CD
(en Corse) sous le titre "Cilva live".
- Un film "Cilva" en préparation.
- Un documentaire de 52 minutes à paraître: un an
et demi de vie partagée avec le groupe. Extrait :
Quelques images du concert
donné à Calvi le 12 avril 2009 (présentation de Radiche
Suprane) :
Photo :
Paul Parenti
Photos : Paul Parenti
Interview
exclusive !!
La sortie très prochaine de Radiche
Suprane était l'occasion d'un tour d'horizon sur le groupe
L'Alba
Jean-François Vega :
Parcours
Le
groupe l'Alba est né à la base de trois personnes : Marie Jo Allegrini,
Laurent Lafarge, le frère aîné de Sebastien, la voix principale du
groupe et moi.
L'idée de l'Alba nous est venue suite aux ateliers
chant de Giuventù in mossa ( Jeunesse en mouvement) qui était
l'association des jeunes Calvais qui proposait plusieurs activités,
comme organiser des veillées traditionnelles sous le marché couvert,
des voyages, des randonnées et un tas de choses liées à l'éveil des
adolescents.
L'atelier était animé par Pierre Bertoni, qui
était le Président et le fondateur de cette association. À l'époque
Pierre n'était pas encore le Prieur de la Confrérie Saint Antoine Abbé
mais, étant Calvais et ayant grandi au sein de la Confrérie, il possède
une grande connaissance du chant traditionnel Calvais, Balanin et Corse.
Pour
ma part, en plus de l'atelier-chant je suis entré dans la
Confrérie - j'avais 14 ans - et donc je participais
au
répétitions, puis sont venus les cours de chant d'A Filetta
au
Carubbu à Lumio que je ne manquais jamais. J'étais alors collégien au
CEG de Calvi et Sébastien aussi; nous avons trois ans d'écart et avec
son frère Laurent, nous avons grandi ensemble. Ils sont tous deux issus
d'une famille de musiciens chanteurs, leur tante maternelle Maryse
Nicolaï est bien connue de la scène insulaire, les parents sont de très
bons chanteurs. Les frères Lafarge sont forts d'une formation musicale
de bal, ils ont dû très vite savoir tout jouer sans état d'âme pour
faire danser les gens. Nous nous sommes élevés ensemble et c'est grâce
à eux que j'ai pu commencer à grattouiller quelques accords.
Laurent
et Marie Jo sont encore pour moi membres du groupe, ils ont toujours un
regard sur ce que nous faisons et sont de bon conseil.
Marie Jo, qui
souffre d'une grave myopathie depuis sa naissance, est pour moi un
exemple de force et de courage, son combat contre la maladie me touche
profondément. La musique l'aide beaucoup, elle ne peut vivre sans,
c'est ce qui nous relie. Je pense à elle régulièrement, elle a marqué
ma vie jusqu'à présent, elle me rend combatif. Elle était le centre, le
coeur de l'Alba et pour moi elle l'est encore car elle m'a transmis
cette passion infinie de la musique.
Ensuite sont arrivées les
années Lycée et la connaissance de Ceccè et Benjamin qui ont connu le
groupe alors que Marie Jo et Laurent y étaient encore. Depuis 1992,
l'Alba comme tout groupe naissant, a été à géométrie variable, la liste
des différents amis et membres du groupe serait longue à dresser et ce
n'est pas d'un grand intérêt ici, car le plus important de notre
conversation est de faire une synthèse entre le passé du groupe et les
membres actuels.
Les
membres du groupe
L'arrivée de Ceccè et Benjamin a été une
grande richesse, Ceccè amenant ses différentes flûtes traditionnelles
(pifana, pirula, cialamella) et sa voix bien sûr. Clarinette et
clarinette basse sont venues un peu plus tard. Lors de l'enregistrement
de notre disque "I soli
ciuttati"
en 1997/98, il s'était fabriqué des clarinettes en roseau de plusieurs
tonalités différentes puis, suite à une résidence créations avec le
groupe parisien de musique contemporaine "Les enfants des autres" qui
étaient aussi les musiciens du chanteur Nery avec qui nous avions
travaillé aussi, deux d'entre eux étaient clarinettistes; je pense que
c'est à ce moment là qu'il a voulu se mettre à jouer de ces instruments.
Quant
à Benjamin, c'est un véritable passionné de chants il a tout d'abord
apporté au groupe sa voix et la connaissance des chants de Haute
Balagne. Puis au cours du temps, il s'est mis à jouer de la guitare. Je
pense qu'il voulait à tout prix s'accompagner, car un chanteur qui ne
joue pas d'instrument est un peu seul. Là, il a comblé le manque, il
peut chanter où il veut, il lui suffit de sortir sa guitare. C'est un
adepte de musique cubaine et du Buena Vista Social Club.
Cédric, lui, est venu en 1996 avant l'enregistrement d'I soli ciuttati.
Notre rencontre a été tout d'abord un coup de foudre musical ; j'ai été
épaté de voir autant de talent sans prétention chez ce jeune homme.
Nous nous sommes rencontrés la première fois, c'était lors d'une soirée
dans la salle de Giuventù
in mossa
où nous nous retrouvions entre jeunes pour faire de la musique. J'étais
alors Vice-président de l'association, depuis nous ne nous sommes plus
quittés. Cédric a appris à chanter au sein de A Scola di Cantu
de Natale Luciani, il a grandi à Ajaccio, étant originaire de Calvi par
son grand-père. En fait, c'est lors de son retour aux sources que nous
nous sommes connus.
Cédric étant quelqu'un en pérégrination constante, c'est lui
qui a connu éric dans le groupe Giramondu
où il l'invite à jouer avec nous sur notre disque Cilva. C'était
en 2002/ 2003. La suite est logique, il est encore avec nous, sa place
est fondamentale dans l'Alba, car sans la contrebasse, notre musique ne
peut pas se jouer.
éric abondant de son passé de musicien, il a
tout d'abord joué avec le jazzman Lucien Ferreri, puis l'épopée Muvrini
pendant 11 ans où entretemps il part faire l'école de jazz de Los
Angeles, ensuite succès éphémère avec Giramondu. éric a
apporté la conscience et la constance musicale qui manquaient au
groupe.
L'Alba
est pour moi ma raison de vivre. Ce sont mes amis, mes frères, mes
associés, mes compagnons de route, la famille que j'ai choisie et
j'espère que nous ferons encore longtemps de la musique ensemble.
Radiche suprane
Cilva
était un « concept album », sur le thème d’une cité imaginaire. Vous
récidivez en quelque sorte avec Radiche Suprane construit autour du
beau livre de Tomas Heuer. Tout d’abord, comment passe-t-on
à un nouveau répertoire ? Cela n'a t-il pas été difficile de se
détacher de celui de Cilva ?
Tout
d'abord la musique est un travail de longue haleine et de remise en
question constante. Le répertoire de Radiche Suprane est né au fil du
temps pendant nos répétitions hivernales dans notre studio de
Pedigrisgiu en ne se détachant jamais du support principal qui est le
livre de Tomas. Se
détacher de Cilva a été facile car nous avions très envie de proposer
de nouvelles choses plus abouties et surtout mieux réalisées, au niveau
créatif, sonore et bien sûr visuel, grâce aux photos de Tomas qui
constituent l'ensemble de la pochette du disque.
Comment
est venue au groupe l'idée de faire ce disque ? Connaissiez-vous les
auteurs ? Avez-vous pris contact avec eux ? Si oui, comment jugent-ils
la musique mise sur les textes et photos ?
L'idée
de se disque est venue avec la découverte du livre, il y a de cela
quelques temps et suite à l'obtention de l'aide au phonogramme que
délivre la CTC, nous avons pu enregistrer ce disque.
Nous
connaissions Tomas et Santu, tous deux vivant à Olmi Cappella, et Dumè
Colonna nous l'avons connue cet été, car elle est originaire de l'Alta
Rocca, dans le sud. Bien
entendu les contacts sont, et ont été plus faciles avec Santu et Tomas
d'un point de vue géographique ; Dumé Colonna a été plus difficile à
trouver, mais tous les trois ont apprécié notre travail et nos
musiques. Nous voulions être la continuité sonore de leurs créations.
Tous
les textes tirés du livre sont de Santu Massiani et Dumè Colonna, mais
certains sont des compositions du groupe. Qui a écrit les textes ?
Les photos qui nous
plaisaient n'ayant pas de textes, nous y avons collé les nôtres. Cédric
a écrit U celu,
Di l'alba, U Tracciapiste, U clonu et Sta mane. Pour ma
part je n'ai écrit que U
carognu.
Sta mane a été un énorme choc
pour tous ceux qui l’ont entendu. Et encore plus quand on en comprend
les parole. Vous
vous êtes inspirés d’un Kyrie existant ou est-ce une création intégrale
?
Sta mane est une
création intégrale, texte et musique.
Comment
se passe la composition des morceaux ? D'abord le texte, après la
musique ? C’est toi qui écris tous les thèmes musicaux, mais je suppose
que chacun a son mot à dire ?
En
règle générale, lorsque l'un d'entre nous tient quelque chose de solide
il le soumet aux autres, et petit à petit les choses se construisent,
chacun de nous se greffe à la chanson, et bien sûr nous nous
enregistrons afin de savoir ce que l'on garde ou ce que l'on jette. La
musique est infinie et les possibilités ne peuvent se compter.
On
sent dans cet album une grande maîtrise, tant dans les compositions que
dans les voix et les instruments. Comment expliques-tu cette évolution
? Quelles sont vos influences musicales, vos sources d'inspiration ?
Qui s'occupe des arrangements ?
L'évolution
du groupe est normale, car nous nous devons d'être meilleurs jour après
jour, et le disque qui viendra ensuite de Radiche Suprane doit être
supérieur encore. Ce n'est pas être prosélyte que dire cela, c'est
juste être conscient que certes la musique est une passion, mais il
faut plus d'une vie pour en faire le tour - s’il est possible d'en
faire le tour - . Enfin pour ma part, la route est longue et il y a
tellement de choses à apprendre…
Nos
influences sont plus proches qu'on ne le pense, car nous avons tous
beaucoup écouté le fonds Quilici et nous nous sommes inspirés de
diverses monodies. Donc notre première source d'inspiration est le
chant traditionnel. Ensuite, grâce à notre instrumentarium nous
colorons nos chansons, prenant des chemins musicaux disparates, et les
arrangements se font avec l'ensemble du groupe.
Peux-tu nous parler de la
rythmique, très importante dans ce disque. Seulement des rythmes
impairs, d'où vient ce choix ?
Le
choix de rythmes impairs pour nos chansons n'est en aucun cas un désir
de complexité musicale ou une quête d'originalité. Nous nous sommes
rendu compte que certaines polyphonies corses s'accompagnaient mieux
avec des rythmes impairs ; il faut savoir que ces rythmes se retrouvent
dans toute la Méditerranée, de la Mésopotamie jusqu'aux Balkans. Il y
avait forcément des traces de ces différentes rythmiques en Corse, mais
nous les avons perdues et rien ne prouve aujourd'hui que ces
rythmes ont existé sur l'île. Enfin, il me plaît à songer qu'ils ont
existé et qu'ils ont fait danser nos ancêtres. Après Radiche suprane,
on vous sent capables de faire une foule de choses très différentes.
Dans quelle direction allez-vous aller ? Quels sont les projets de
l'Alba ? (d'ailleurs, faut-il dire "L'Alba" ou "Alba" ? )
L'avenir nous le dira, et on peut dire les deux : Alba ou L'Alba.
Les
rythmes impairs donnent justement à votre musique cette souplesse, ce
dynamisme dont se privent ceux qui ne connaissent que le binaire. Tu
évoquais aussi à Calvi les processions ?
Au
cours des processions avec la confrérie Saint Antoine Abbé de Calvi il
m'est arrivé de compter mes pas pendant que nous chantions, et souvent
sur une phrase chantée, je tombais sur un chiffre impair, c'est ce qui
m'a poussé à composer des chansons avec ce genre de rythmes.
Pour
en revenir aux sources d’inspiration, effectivement il faut peut-être
distinguer la partie vocale, à l’évidence issue de la tradition corse,
et la partie instrumentale beaucoup plus variée . Chacun écoute des
musiques différentes, selon son instrument ? Ou avez-vous des
références communes ?
Oui,
nous écoutons tous beaucoup de musiques et dans tous les genres, allant
de la musique ethnique, passant par la pop rock, le jazz, et d'autres;
nous sommes très curieux et chacun aime faire découvrir aux autres ce
qu'il a trouvé et qu'il trouve intéressant à faire écouter. Il
y a des références communes et des goûts divergents. En majorité nous
aimons les Beatles et Radiohead, il y a aussi le Taraf de Haïdouks,
Titi Robin, Ravi Shankar, Jaco Pastorius, Thelonious Monk et j'en passe
car la liste serait longue, mais pour ces derniers ce sont des
références communes.
Vous
commencez à être très connus et appréciés en Allemagne, vous y serez
encore dans quelques jours. Avez-vous d’autres tournées prévues à
l’étranger ? Et sur le continent ? Les Parisiens peuvent-ils espérer
votre venue prochaine ?
Notre
prochain départ en Allemagne est pour le moment la seule chose prévue à
l'étranger dans l'immédiat. Les prochaines dates sur le continent sont
pour février à Cannes, Mandelieu et Menton et rien encore de prévu sur
Paris.
Les concerts de l'Alba sont maintenant sur une page dédiée !
A noter : le 15
décembre, diffusion
sur la chaîne de la WDR 3 "sound world",
entre 23:05 et 24:00, d'un enregistrement des nouvelles
chansons de L'Alba, réalisé le 26 et 27
octobre au studio de la radio WDR à Cologne.
J'attendais
ce 7 septembre 2009 avec beaucoup d'impatience. Tout d'abord pour le
concert d'Alba. Un concert des "petits", comme les appelle
affectueusement l'ami Paul, est toujours un évènement. Et c'était aussi
l'occasion d'acquérir enfin "Radiche
suprane", longtemps attendu et difficile à trouver dans
les commerces, même en Balagne !
Avec
ce disque, Alba a vraiment franchi un cap. Le cap de la maturité sans
doute, même si l'enthousiasme juvénile est toujours présent. On sent
dans cet album une grande maîtrise, tant dans les compositions que dans
les voix, les instruments, les textes, tout est excellent.
Rappelons
que ce disque est inspiré du livre éponyme "Radiche Suprane" et notamment des
photos
de Tomas Heuer; trois des titres sont composés sur des textes de Santu
Massiani (I Fanali,
O sangue et
U fiore sunniò)
tandis que les textes de Soli,
L'ombra d'oru
et Se tù
sont de Dominique Colonna.
1. Soli
Pour
ce premier morceau, dédié au soleil, Alba reçoit le renfort de
l'excellent accordéoniste d'origine malgache Régis Gizavo et de Mokthar
Samba à la batterie. Benjamin, que l'on a peu l'habitude d'entendre
dans ces conditions, mène le chant avec aisance dans ce premier morceau
très différent de ceux qui vont suivre.
2. I Fanali
Un beau texte de Santu Massiani évoquant avec poésie rochers
et étoiles.
3. L'ombra d'oru
Une
intro basse/guitare pour le chant de Ceccè et des autres membres du
groupe. Un chant d'une infinie douceur. Ecoutez comme Ceccè prononce :
"dolci è inzuccarati" !
4. U celu
Exposition du thème par Sébastien, puis tous les autres interviennent
pour une partie plus rythmée.
5. U clonu
Longue
intro de guitare basse pour ce morceau évoquant le clonage. Guitares et
clarinette basse s'enchevêtrent dans ce morceau au magnifique
arrangement.
6. O sangue Encore un magnifique thème, exposé avec autorité, avec
Jean-François en voix principale.
7. Sè tu Une
belle et lente intro de basse à l'archet, puis Sébastien expose le
thème, bientôt rejoint par les autres voix, puis le tempo s'accélère
dans ce morceau d'une belle complexité.
8. U carognu Violon , clarinette et basse dominent ce thème dédié à
l'érable.
9. Di l'alba D'abord la guitare et Sébastien, puis l'accompagnement
s'étoffe pour ce très beau morceau mélancolique.
10. Tracciapiste
Rythmé
par les guitares et la basse avec de belles interventions de la
clarinette, ce morceau au texte grave sur le destin ("lu ghjocu di u
maestru") est chanté par Sébastien.
11. Narodna
Instrumental évoquant fortement les Balkans. Violon et harmonium
installent le climat, rejoints par la clarinette.
12. U fiore sunniò La cialamella de Ceccè introduit ce morceau rarement joué
en concert, semble-t-il. Une orchestration très soignée.
13. Sta mane
Le
sommet de ce disque. Ce texte dû à Cédric évoque un Dieu descendu sur
terre, s'excusant et finissant par se suicider "sous le poids du temps
perdu".
14. Razlilas
chanté par Anna Pavlovskaya.
15. Un bonus non cité sur la pochette : Aria qui n'est
autre que A mane arresu.
Ce
qui frappe à l'écoute de ce disque, c'est le soin extrême apporté aux
arrangements musicaux, toujours pertinents et subtils : une note de
clarinette, un coup d'archet, des arpèges de cetera, et toujours cette
basse rebondissante, assurant un tempo sans faille. Ce qui caractérise
Alba, c'est ce son si personnel, une instrumentation très originale
(clarinette, clarinette basse, violon, cetera, oud, harmonium, guitare)
alliée aux voix : Sébastien le plus souvent, mais aussi Jean-François,
Benjamin, Cédric et même Ceccè. Tout cela sur des rythmes très
personnels également, essentiellement des rythmiques impaires très
subtiles et très entraînantes à la fois.
Les membres du groupe
sont à la fois d'excellents chanteurs et des instrumentistes hors pair,
ce qui n'est pas si courant. Citons Eric Ferrari, dont la basse fournit
une assise solide et inventive, Cédric dont le violon fait merveille,
Jean-François et Benjamin à la guitare et à la cetera, sans oublier les
clarinettes de Ceccè et l'harmonium de Sébastien.
Ce disque
est vraiment de très haut niveau, et porte en lui une foule de
potentialités. On songe déjà à ce que pourrait être le suivant et on se
prend à rêver à des polyphonies comme Sta Mane,
à des thèmes inspirés du Maghreb, d'Andalousie ou des
Balkans, à
de folles improvisations du violon ou de la clarinette basse...
En tout cas, depuis 3 semaines Radiche
Suprane ne quitte plus mon lecteur de CD et mon iPod...
Source
: Corse Matin du 15/10/2009
Cet article de Corse Matin peut être téléchargé ici.
L'Alba sur WDR3 !
Musikkulturen im Raumklang : L’Alba
Alte korsische Paghjellas und europäischer New Folk
A découvrir également un imposant dossier sur le groupe (en allemand).
ALBA présente «Radiche Suprane» au Pub Assunta le 1er avril à Bastia.
Cédric Savelli, violoniste et l'une des
voix du groupe explique « Tomas Heuer a photographié de nombreux arbres
notamment dans le Giussani avec une technique originale qui consistait à
laisser ouvert le diaphragme de son appareil pendant de longues heures.
Il a réussi à capter des choses insoupçonnées, bouleversantes. Un
résultat étonnant et sans trucages bien-sûr. Sa vision de l'art
photographique nous a particulièrement touchés. » définissant ainsi les
Racines Célestes de cet album.
Un nouveau cap est franchi avec ce
troisième album. Une instrumentation toujours plus subtile, des textes
aux envolées lyriques et divines, dont certains écrits par Dominique
Colonna et Santu Massiani, des voix qui nous transportent ailleurs, tout
en nous replongeant au coeur des terres de Balagne. Benjamin Dolignon
(Terza), Cécce Guironnet (Clarinette), Cédric Savelli (Guitare, violon
et multiples instruments à cordes, Eric Ferrari (Basse), Jean-François
Vega (Guitare et chant) et Sébastien Lafarge (voix principale)
construisent la tradition comme la tradition les construit. Ils aiment à
dire que leur tradition n’est pas figée, mais au contraire vivante, en
évolution, en mouvement. Les sonorités, puisées aux sources d’influences
méditerranéennes, surprennent et interpellent. Acoustique, sans
surcharge, tout en finesse, leur musique a grandi. Elle est totalement
atypique dans l’univers musical insulaire. Derrière les accords,
derrière l’harmonie, on sent l’évolution du groupe. Chaque note est
pesée, calculée, travaillée. L’initié entend ce travail et l’apprécie,
le profane lui, se laisse simplement porter par l’alchimie des sons.