
Pour diverses raisons techniques, le festival du film corse est reporté au mois de mai. Pour que le public puisse tout de même découvrir le cinéma insulaire, le centre culturel Laurent-Casanova consacre deux soirées en hommage aux Corses, vendredi et samedi à 20 h 30, avec le film de Frédéric Farrucci La vie filmée des Corses. Une histoire des Corses au XXe siècle, à partir de films amateurs mis en dépôt à la cinémathèque ou collectés auprès de particuliers. Ce feuilleton documentaire, de six épisodes de 52 minutes, retrace, à travers l'histoire de quelques témoins emblématiques et de leur famille, six décennies de la vie de cette communauté (de 1920 à 1981) dans l'île, sur le Continent et à travers le monde. Des séquences « émotion » pour les Sartenais et les habitants de la région qui pourront se reconnaître sur l'écran ou revoir des personnes aujourd'hui disparues.
« Après avoir rencontré Frédéric Farrucci lors du festival du film corse, nous avons voulu consacrer deux soirées à La vie filmée des Corses et en faire un événement à part entière », explique Pascale Berthot, directrice artistique du centre culturel Laurent-Casanova. Les projections seront suivies de débats avec le producteur du film Jean-Pierre Alessandri.
Entrée des séances : 6 euros.




« J'avais très envie de passer derrière la caméra »
Cette talentueuse comédienne qui, tout au long de sa carrière, a su voguer entre le rire et les larmes, a en effet décidé de passer derrière la caméra. Elle présentera donc Christine, Cristina dont le rôle principal est tenu par sa propre fille, Amanda Sandrelli.
«Cette oeuvre historique m'a permis de traduire à travers des images, la vie peu connue de la poétesse Christine de Pizan, explique Stefania Sandrelli. Arrivée en France dans son enfance, son père ayant été nommé astronome à la cour de Charles V, Christine de Pizan devint, à la fin du XIVe siècle, l'une des seules voix féminines de la poésie mais, surtout, l'une des premières mères de famille à vivre de son métier. Et ce, à une époque dite obscure, à l'aube des premières conceptions humanistes ».
Il sera intéressant de découvrir ce film qui, outre Amanda Sandrelli, est interprété par Alessio Boni qui, rappelons-le, a obtenu le Prix d'interprétation masculine lors du Festival italien 2007 pour sa prestation dans Arrivederci amore ciao de Michele Soavi.En marge du cinéma, une exposition aura lieu dans le péristyle du théâtre pendant toute la durée du festival. C'est l'artiste-peintre Anne-Marie Rocca-Serra qui présentera ses oeuvres à cette occasion. Le vernissage de son expo aura lieu le samedi 6 février à 18 heures.
D'autre part, l'association Dante Alighieri organisera deux conférences. Le samedi 6 février, à 16 heures, dans la salle des congrès du théâtre, Attilio Maggiulli posera un regard sur la commedia dell'arte. Le samedi 13 février, même lieu même heure, c'est l'universitaire Marika Galli qui dévoilera les secrets de la cuisine italienne.
La soirée
d'ouverture sera
animée quant à elle par la soprano Maryline Leonetti, le ténor Thomas
Bronzini, le baryton Jean-Mathieu Alberghi et les choeurs de l'Ecole
Kalliste Musique. Tous et toutes (ils seront une vingtaine
sur scène) interpréteront de grands airs d'opéras italiens.
Enfin, pour la
cérémonie de
clôture, le public bastiais aura le plaisir d'écouter les plus célèbres
mélodies italiennes grâce aux chanteurs-musiciens du groupe Intimità,
en l'occurrence Thomas Bronzini, Eric Salvarelli et Jean-Pierre Motroni.
Source : Corse Matin
du vendredi 29 janvier 2010
J'ai
bien cru ce cinéma disparu à jamais avec les années Berlusconi, et j'ai reçu
un choc avec La Meglio Gioventù (Nos meilleures
années) de Marco Tullio Giordana, qui est un des plus beaux films qui
m'aient été donnés de voir.
Nos
meilleures années
raconte l’histoire d’une famille italienne de la fin des années
soixante à aujourd’hui. Le récit tourne autour de deux frères : Nicola
et Matteo. Au début, ils partagent les mêmes rêves, les mêmes espoirs,
les mêmes lectures et les mêmes amitiés, jusqu’au jour où la rencontre
avec une jeune fille souffrant de troubles psychiques (Giorgia)
détermine le destin de chacun : Nicola décide de devenir psychiatre,
Matteo abandonne ses études et entre dans la police.
Tous les personnages sont extrêmement attachants et nous deviennent
familiers, depuis le père Angelo, Adriana (la mère), admirable,
Giovanna, la fille aînée, Francesca, la cadette, qui épousera Carlo, le
meilleur ami de Nicola, qui deviendra pour cela une cible possible du
terrorisme durant les années de plomb. Il y a également Giulia, la
grande histoire d’amour de Nicola, qui donnera naissance à Sara, et
puis Mirella, qui croisera, à des époques différentes, le chemin de
Matteo et de Nicola.
La figure de Matteo hantera longtemps les mémoires. Ces personnages
nous font vivre les évènements et les lieux qui ont joué un rôle
crucial dans l’histoire italienne : l’inondation de Florence, la lutte
contre la mafia, les mouvements étudiants, le terrorisme...Ce film est
la fresque d’une génération qui – avec ses contradictions, sa fougue
tantôt ingénue, tantôt violente, avec sa rage parfois déplacée – a
essayé de ne pas se résigner au monde tel qu’il est, mais de le rendre
un peu meilleur.
Les six heures de projection passent trop vite !
La meglio
gioventù est un film
admirable
d'intelligence et de sensibilité. A travers les destins contrastés de
Nicola, qui agit lucidement pour rendre le monde un peu meilleur et de
Matteo, qui refuse, jusqu'à en mourir, de supporter la réalité, ce film
est tout simplement un hommage à la vie, avec les joies, les peines,
les moments comiques, les drames. Ce qui en ressort, au-delà des
moments d'intense émotion, c'est une irrépressible joie de vivre. S'il
porte un message, c'est que la vie vaut vraiment la peine de la vivre à
fond, avec les autres.
Avec (il faut citer tous les comédiens):
Luigi Lo Cascio (Nicola Carati), Alessio Boni (Matteo), Jasmine Trinca
(Giorgia), Maya Sansa (Mirella), Lidia Vitale (Giovanna), Adriana Asti
(Adriana), Andrea Tidona (Angelo Carati), Sonia Bergamasco (Giulia) et
Fabrizio Gifuni (Carlo Tommasi)


C'eravamo tanto amati est
un de mes films préférés.

Ettore Scola met en scène dans ce film tourné en 1974, à travers la vie
de trois amis et d'une jeune femme qui passera de l'un à l'autre,
trente ans d'histoire de l'Italie contemporaine (1945-1975). Cette
comédie est également un hommage mélancolique à Vittorio de Sica.
Gianni Borego
(Vittorio
Gassman), Antonio (Nino Manfredi) et Nicola Palombo (Stefano Satta
Flores) se sont connus dans le maquis, se sont retrouvés à la
Libération, ont formé les mêmes espoirs dans une société plus juste, et
ont vécu les premières déceptions de l'après-guerre.
La première scène est en fait la scène finale (Nicola, Antonio et Luciana, croyant Gianni pauvre, découvrent sa superbe villa et préfèrent rebrousser chemin). Puis l'image passe au noir et blanc pour évoquer la Résistance.
Au lendemain de la
guerre,
Gianni, jeune avocaillon, refuse d'assurer la défense d'un promoteur
sans scrupules, avant de devenir son collaborateur. Il épousera sa
fille Elide (Giovanna Ralli) par intérêt et dépassera en cynisme son
patron et beau-père (Aldo Fabrizi); Antonio travaille comme infirmier
dans un hôpital. Nicola est enseignant, passionné de cinéma. Renvoyé de
son poste après une altercation avec les notables locaux, il
abandonnera sa famille pour devenir critique de cinéma à Rome. Antonio
fait la connaissance de Luciana (Stefania Sandrelli) dont il tombe
amoureux. mais celle-ci succombe bientôt au charme de Gianni. Scène
savoureuse quand Gianni vient s'excuser auprès d'Antonio. Après une
tentative de suicide, c’est chez Nicola que Luciana ira vivre.

Superbe fresque
désenchantée,
ce film est servi tout d'abord par un scénario très riche d’Age et
Scarpelli, traversant le cinéma italien (De Sica, Fellini, Mastroianni)
et la vie politique, passant de moments hilarants (Manfredi ramené par
l'ambulance après son altercation Place de Trevi) à des passages
mélancoliques (la scène du photomaton précédée de la reconstitution de
la scène du landau dans le Cuirassé Potemkine).
Magnifique séquence
quand
Manfredi, qui n’a pas vu Gassman depuis plus de vingt ans, le prend
pour un gardien de parking (alors qu’il est richissime), discourt sur
son idéalisme si mal récompensé par cette société pourrie, et lui donne
un pourboire que Gassman n’ose pas refuser, ne voulant pas le détromper.
C’eravamo tanto
amati
bénéficie également d'un quatuor d'acteurs en état de grâce.
Manfredi dans son rôle d'homme du peuple sincère et réaliste, Gassman
en riche homme d'affaires ayant raté sa vie, Satta Flores en
jusqu'au-boutiste malheureux, sans oublier une magnifique et sensible
Stefania Sandrelli.
Ce film sur les
idéaux trahis
(« nous voulions changer le monde, mais c’est lui qui nous a
changés ») est finalement plus émouvant qu‘amer, car le regard
acéré porté sur les personnages est malgré tout indulgent, même s’il
est souvent négatif.
Merveilleux passage du noir et blanc à la couleur, belle musique d’Armando Trovajoli : un chef d'œuvre, vous dis-je !
Edition en DVD d'un des chefs d'oeuvre de Dino Risi et du cinéma italien : Une vita difficile (1961). Malheureusement, comme Les Nouveaux Monstres, cette édition se limite à la version doublée en français, ce qui est proprement scandaleux.
Alors, parlons seulement du
film :
C'est l'histoire d'un idéaliste (Alberto Sordi, grandiose) qui va tout perdre par fidélité à ses idéaux. Abandonné par sa femme (Lea Massari), petite-bourgeoise fascinée par la réussite économique, fauché, emprisonné, seul, il finit par se résoudre à "être réaliste". Jusqu'au sursaut final...
Cette évocation grinçante qui pourrait être sinistre est rythmée de scènes irrésistibles. On retiendra notamment l'entretien d'embauche et surtout le dîner chez les aristocrates le soir du référendum de 1946, où Sordi et Léa Massari boivent du champagne seuls après la proclamation de la fin de la royauté.
Un film à sketches comme l'Italie en
produisait dans les années soixante. Trois épisodes sur le thème des
complexes : Una giornata decisiva de Dino
Risi, Il complesso della schiava nubiana de
Franco Rossi et Guglielmo il dentone de Luigi
Filippo d'Amico.
2/ A uscio chiuso. - Un paysan demeuré passe en jugement pour avoir violé une poule..."Elle m'a cherché. On n'est pas de bois", dit-il pour sa défense.
3/ Ornella. - Ercole est un jeune employé de poste timide et homosexuel
refoulé qui entretient une correspondance, sous le pseudonyme
d'Ornella, avec Carlo Rinaldo. Quand celui-ci, en visite à Rome, décide
de venir faire la connaissance d'Ornella, Ercole se fait alors passer
pour le frère d'Ornella. Mais Carlo découvre peu à peu la vérité, et
l'accepte.
4/ Il guardone. - Un culturiste myope croyant observer une jeune fille se déshabillant devant une fenêtre qui fait face à la sienne s'excite en fait à la vue de son propre corps se reflètant dans un jeu de miroirs.
5/ L'ultima vergine. - Une petite oie blanche provinciale prend un
réparateur de téléphone pour le maniaque sexuel dont on parle à la
radio et se donne à lui pour avoir la vie sauve.
6/ Motrice mia. - Nino, traumatisé par les bombardements durant la guerre, abandonne chaque soir sa très belle femme pour aller se coucher entre les rails et jouir quand passe au-dessus de lui, à pleine vitesse, le Paris-Rome. "Anche quella del Brennero ?", lui demande son épouse résignée.
7/ Vedo nudo. - Le directeur d'une agence publicitaire est atteint d'une maladie singulière : il voit nues toutes les femmes qu'il rencontre. Après avoir suivi un traitement dans une clinique psychiatrique suisse, il reprend ses fonctions, apparemment guéri...
La notoriété de Comencini commence par un gigantesque malentendu : ses Pane amore e fantasia (Pain, amour et fantaisie) et Pane amore e gelosia (Pain, amour et jalousie) furent qualifiés de comédies à l'eau de rose, signant la fin du néo-réalisme, alors que son engagement social fut évident dès notamment Tutti a casa (La Grande pagaille, 1960) et A cavallo della tigre (A cheval sur le tigre, 1961). Lo scopone scientifico (L'Argent de la vieille, 1972) est une fable grinçante sur la fatalité de la misère, tandis que Delitto d'amore (Un vrai crime d'amour, 1973), évoque le travail en usine.
Mais Comencini est surtout connu à juste titre pour sa peinture de l'enfance
: si Incompreso (L'incompris) fut hué à Cannes, ce
film est reconnu depuis comme un grand chef d'oeuvre. Comencini
réalisera également Infanzia e prime esperienze di Giacomo
Casanova, veneziano (Casanova, un
adolescent à Venise, 1969) qui retrace la jeunesse du séducteur en
restant très fidèle à ses Mémoires, puis Le Aventure di
Pinocchio, véritable hymne à la liberté individuelle. On
retiendra également Mio Dio, come sono caduta in basso !, La
donna della domenica et Il Gatto, satires
de la bourgeoisie.
Filmographie
:
1937 :
La novelletta (court métrage)
1946 : Bambini in città (court métrage)
1948 : Proibito rubare
1949 : Il museo dei sogni (court métrage)
1949 : L'imperatore di Capri, 1949
1950 : L'ospedale del delitto (court métrage)
1951 : Persiane chiuse
1952 : La tratta delle bianche
1952 : Heidi
1953 : La
valigia dei sogni
1953 : Pane amore e fantasia
1954 : Pane amore e gelosia
1955 : La bella di Roma
1956 : La finestra sul Luna Park
1957 : Mariti in città
1958 : Mogli pericolose
1959 : Und das am Montag Morgen
1959 : Le sorpese dell'amore
1960 : Tutti a casa
1961 : A cavallo della tigre
1962 : Il commissario
1963 : La ragazza di Bube
1965 : La bugiarda
1965 : Il compagno Don Camillo
1967 : Incompreso
1968 : Italian secret service
1969 : Senza sapere niente di lei
1969 : Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova
veneziano
1970 : I bambini e noi
1972 : Pinocchio
1972 : Lo scopone scientifico
1974 : Un delitto d'amore
1974 : Educazione civica (court métrage)
1974 : Mio Dio, come sono caduta in basso !
1975 : La donna della domenica
1977 : Il gatto
1978 : L'amore in Italia
1979 : L'ingorgo
1980 : Voltati, Eugenio
1984 : Cuore
Plus des épisodes dans les fims à sketches collectifs :
Tre notti
d'amore
La mia signore
Le
bambole
Signore e signori, buonanotte
Basta che non si sappia in giro !
Quelle strane occasioni
Etreintes
brisées est une magnifique
déclaration d'amour à une actrice, Pénélope Cruz, mais aussi au cinéma,
et à l'amour même. Un metteur en scène, Mateo Blanco (Lluis Homar)
tourne une comédie, Filles et valises, qui
s'inspire très
franchement de Femmes au bord de la crise de nerfs.
La vedette en est une
débutante, la femme qu'il aime et qui l'aime, Lena (Pénélope Cruz),
devenue pour s'en sortir la maîtresse d'un magnat magouilleur, Ernesto
Martel (José Luis Gomez), autoproclamé producteur pour ne pas perdre
Lena. Martel a un fils complexé (et secrètement amoureux de Mateo)
chargé de réaliser le making of de Filles et valises,
afin
d'espionner les deux amants...
Tout ça, on le saura plus tard, car, à
présent, Mateo s'appelle Harry Caine, il a tué son nom en tuant Lena
dans un accident de voiture qu'il a rendu aveugle. Il écrit des
scénarios, veillé par Judit, sorte de louve aimante et jalouse (Bianca
Portillo) et le fils de celle-ci, Diego. Passé et présent s'entremêlent
intimement, l'intrigue se fait de plus en plus riche et intrigante,
ainsi Mateo est trahi, profitant de sa cécité, on lui vole Filles et
valises qui est remonté pour en faire un mélo absurde, chaque
scène
est si pleine de vie, de drames et de péripéties, si nourrie du plaisir
de filmer, d'inventer, de raconter qu'on en demeure pantois, ravis, au
tapis. Un personnage prononce cette phrase banale: «Il aime
beaucoup le gaspacho.» Et l'on voit plein écran le rouge
éclatant
d'une tomate sur laquelle glisse une goutte d'eau. C'est sensuel et
génial...
Pénélope
Cruz est extraordaire. Tour à tour
blonde évaporée à la Jean Harlow ou brune distinguée à la Audrey
Hepburn, elle est en même temps enfantine et fatale, maladroite et
géniale, belle comme une tempête et griffée de fatigue, folle de joie
et sûre du malheur à venir, époustouflante.
Ultime malice d'Almodovar, Etreintes brisées, qui nous laisse
brisés d'émotion, s'achève sur une dernière pirouette
scénaristique,
Ours d'or" à Berlin en 2004 pour Head On, Fatih Akin est un Allemand né de parents turcs. Cette cohabitation de ses deux cultures est au coeur de ses films
Prix du
scénario au Festival de Cannes 2007, De l'autre côté
est un film magnifique.
En faisant se
croiser ses personnages entre Turquie et Allemagne, le film de Fatih
Akin orchestre une ambitieuse réflexion sur l'identité et l'altérité.

L'amour, la
mort, le deuil, le pardon, sont les thèmes de ce film bâti autour de
deux morts violentes et de trois face à face familiaux : un père et son
fils qui ont du mal à se comprendre et deux mères et leurs filles. De
l'autre côté évoque le dialogue, souvent difficile, entre les
générations et leurs relations fortes et complexes. Le jeune professeur
et son père, la prostituée et sa fille activiste, la jeune étudiante
allemande et sa mère : aucun de ces personnages ne restera figé dans sa
posture initiale, poursuivant dans l'éloignement un échange nourri par
un amour silencieux.

C'est dans la
dextérité avec laquelle il entremêle les destins de ses six
protagonistes que Fatih Akin étonne et émeut. Les personnages
vont se croiser, se chercher, se rater, mais aussi s'apprivoiser,
s'aimer, s'adopter.
On suit avec
passion les personnages et les événements.
Construit avec
un efficace sens de l'ellipse, ce film impressionne par sa maîtrise, sa
profondeur humaine, son plaidoyer pour l'échange culturel, la sérénité
de l'apaisement. Scandé par l'ironique transit des cercueils, l'un
renvoyé en Turquie, l'autre renvoyé en Allemagne), ce film magnifique
culmine avec la visite de Susanne , la mère de Lotte, qui va "incarner"
de façon bouleversante le thème principal du film : la réconciliation.
Nejat, de son côté, va retrouver son père de l'autre côté du Bosphore.

Fatih Akin,
dont on avait déjà aimé Head-on, construit son film
en boucle, avec des ruptures de ton et de temps : des histoires
parallèles qui se recoupent sans cesse, des personnages qui se
cherchent sans se croiser et se croisent sans le savoir. Ainsi la jeune
femme que l'on voit dormir à poings fermés, lors du cours que Nejat
donne à l'université, est celle - mais on l'apprendra bien plus tard -
qu'il va s'obstiner à chercher...
Sans lourdeurs
ni caricature, le cinéaste évoque aussi la minorité turque d'Allemagne,
le désir du retour au pays et les expulsions, la soif de connaissance
et de partage, la tentation du racisme et du repli sur soi…
Le
Synopsis officiel du film:




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Tuncel
Kurtiz
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Nurgul
Yesilcay et Trycia Ziolkowska
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