
Carla Bley
Laïka Fatien
Paolo Fresu
Jan Garbarek
Renaud
García-Fons
Melody Gardot
Charlie Haden
André Jaume
Stacey
Kent
Nguyên Lê
John Mc Laughlin
Giovanni Mirabassi
Caroline
Nadeau
Enrico
Pieranunzi
Le jazz en Corse
Les festivals, notamment le Calvi Jazz Festival, sont désormais en page
"Jazz live"
Pour
ceux et celles qui n’aiment pas (encore) le jazz...
(ou qui croient ne pas aimer le jazz !)
Certains de mes amis (certaines, surtout : ce
sont semble-t-il en
majorité les femmes qui n’aiment pas le jazz) déclarent ne pas
apprécier le jazz. Pourtant, elles reconnaissent souvent aimer tel ou
tel musicien, tel ou tel disque de jazz. Ce qu’on appelle communément «
jazz » est tellement divers que chacun peut y trouver un style qui lui
plaira. C’est ce que je vais essayer de démontrer ci-dessous, en
espérant donner envie aux « non-amateurs » de découvrir certains
aspects de cette musique qui leur auraient peut être échappé.
Qu’est-ce
que le jazz, d’abord ? On le définit généralement comme « un genre de
musique né aux États-Unis au début du XXe siècle, issu du
croisement du
blues, du ragtime et de la musique européenne ». Cette définition, bien
qu’exacte, ne rend pas du tout compte de ce qu’est le jazz aujourd’hui.
On pourrait le définir en creux par ce qu’il n’est pas (pas du
classique, pas du rock, pas de la world music…) Ainsi, à la différence
de la musique classique, les temps faibles sont accentués, les
musiciens ne cherchent pas à avoir une sonorité « standard » mais au
contraire cultivent une expression personnelle. A la différence du
rock, la rythmique du jazz est très rarement binaire, le plus souvent
ternaire, etc.
Cependant, les frontières des genres sont de moins en moins étanches, et c’est très bien ainsi.
Du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010
Organisée avec le soutien du Miles Davis Properties, l’exposition de la Cité de la musique propose de retracer le parcours musical et personnel de Miles Davis, de la ville de son enfance, East St-Louis, jusqu’au concert rétrospectif qu’il donna sur le site même de La Villette à Paris, à quelques semaines seulement de sa disparition.
À partir du milieu des années soixante, Miles Davis fit
apparaître
sur ses disques la mention « Directions in Music by Miles Davis »
plutôt que son nom seul.
En hommage à cette démarche visionnaire,
ce sont chacune de ces « directions » que le visiteur pourra découvrir
au fil d’un parcours regroupant des clichés pris par les plus grands
noms de la photographie musicale, des extraits vidéo de ses concerts,
des instruments dont il joua lui-même ou dont jouèrent ses compagnons
de route, des partitions rares et des tenues de scène, des documents
liés à la réalisation de ses albums, des pressages originaux de ses
grands disques ainsi que des œuvres d’art, tableaux ou sculptures, qui
témoignent d’une aura qui excède largement la seule sphère de la
musique.
Commissaire : Vincent Bessières

Carla enregistre également
Fictitious Sports
avec
Nick Mason, le batteur de Pink Floyd, Robert Wyatt et Chris Spedding.
Elle écrit
un arrangement de la musique du 8 ½ de Fellini pour un hommage à Nino
Rota.
Elle compose la musique de A Genuine Tong Funeral
pour Gary Burton, compose et
fait des arrangements pour le Charlie Haden's Liberation
Music Orchestra. En 1985
elle se concentre sur de plus petits ensembles et écrit pour un sextet
sans
cuivres, ce qui ne l'empêche pas de continuer à écrire pour de grands
orchestres. : un arrangement de Lost in the Stars
pour l'album de Willner
consacré à Kurt Weill, une version opéra de Under the Volcano
d'après le roman de Malcom Lowry présentée à Cologne avec
Jack Bruce, Steve Swallow et Don Preston.
Le Carla Bley Sextet, avec Hiram Bullock, Steve Swallow, Larry Willis,
Victor Lewis et
Don Alias, fait une tournée européenne en 1986 et sort le disque
Sextet. Steve Swallow écrit un album Carla
avec elle comme
organiste. Carla commence à jouer en duo avec Steve Swallow (album Duets),
puis décide de retravailler avec son orchestre de 10 musiciens : le Big
Carla Bley
Band, avec Lew Soloff, Gary Valente, Wolfgang Pusching, Franck Lacy,
Cristof Lauer, Bob
Stewart, Andy Sheppard et sa rythmique américaine tourne en Europe et
sort le CD
Fleur Carnivore. Elle compose aussi Dreamkeeper,
et l'arrangement du
troisième album du Liberation Music Orchestra.
Son groupe actuel, Lost chords, rassemble Andy Sheppard, Steve Swallow et Bill Drummond, et... Paolo Fresu en invité !
Le talent de compositeur
et d'arrangeur de Carla Bley est
remarquable, mais il faut souligner aussi sa capacité à s'entourer des
meilleurs musiciens, et à tirer d'aux le meilleur d'eux-mêmes. Les
interventions de Gato Barbieri, de Terje Rypdal, de Lew Soloff, d'Andy
Sheppard et de
tant d'autres dans les orchestres de Carla Bley sont parmi les plus
marquantes de leur
carrière.
Discographie
1968 Communications (Jazz
Composers' orchestra)
1969 Liberation Music Orchestra (Charlie Haden)
1971 Escalator Over The Hill (Carla Bley and Paul Haines)
1974 Tropic Appetites (Carla Bley)
1977 Dinner Music (Carla Bley)
1978 European Tour 1977 (Carla Bley Band)
1979 Musique Mecanique (Carla Bley Band)
1981 Social Studies (Carla Bley Band)
1982 Live! (Carla Bley Band)
1983 The Ballad Of The Fallen (Charlie Haden and Carla Bley)
1984 I hate to sing (Carla Bley Band)
1984 Heavy Heart (Carla Bley)
1985 Night-Glo (Carla Bley)
1987 Sextet (Carla Bley)
1988 Duets (Carla Bley and Steve Swallow)
1989 Fleur Carnivore (Carla Bley)
1991 The Very Big Carla Bley Band (Carla Bley Band)
1992 Go Together (Carla Bley and Steve Swallow)
1993 Big Band Theory (Carla Bley)
1994 Songs with Legs (Carla Bley)
1996 ...Goes to Church (Carla Bley Big Band)
1998 Fancy Chamber Music (Carla Bley)
2000 4x4 (Carla Bley)
2003 Looking for America (Carla Bley Big Band)
2003 The Lost Chords
2005 Not In Our Name (with Charlie Haden/ Liberation Music Orchestra)
2007 The Lost Chords Find Paolo Fresu
2008 Appearing Nightly (Carla Bley Big Band)
DVD-Video
1983/2003 Live in Montreal
Communications
Ce disque offre un panorama relativement
représentatif du free jazz de la fin des années soixante. Don Cherry et
Gato Barbieri, Roswell Rudd, Pharoah Sanders, Larry Coryell, Cecil
Taylor. Compositions
pour grand orchestre. Grondements, roulements, cris,
stridences : un maelström
sonore pas de tout repos, mais passionnant.
Escalator
Over The Hill : a
chronotransduction.
Le reste est une suite avec plein de moments forts,
des valses avec un Gato
Barbieri impérial, de riches duos entre Jack Bruce et John McLaughlin,
des
mélopées chantées par Don Cherry, qui intervient aussi à la
trompette... La musique évoque tour à tout Kurt Weill, Nino Rota, le
rock,
le jazz, l’opéra, la musique indienne…
En 1998, Carla Bley a réuni un orchestre de vingt-trois musiciens pour
reprendre la partition originale
en version “ allégée”.
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Tropic
Appetites
Dinner Music
I Hate To Sing
Un disque plein d’humour de Carla Bley.
Social Studies
Au début des années 80, Carla Bley
dispose d'un orchestre régulier, un nonette privilégiant les cuivres
qui, souvent utilisés dans le registre grave, accentuent
l'expressionnisme de ses partitions. Dans Social Studies,
les couleurs
sombres prédominent : un tango, une valse triste, une marche
funèbre... Mais tout cela est plein d'humour er
remarquablement écrit et interprété.
Et il y a la perle de ce disque : Utviklingssang.
Attention, chef-d'œuvre.
Live !
Car au-delà de l'humour, la musique de CarIa Bley dégage
souvent une
profonde mélancolie.
Heavy Heart
Night-Glo
Les cuivres sont ici au second plan, derrière la rythmique composée de Steve Swallow, Hiram Bullock et Victor Lewis.
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Sextet
Carla Bley reprend la formule du petit ensemble, un sextette en
l'occurrence : piano,
orgue, basse, guitare, batterie et percussion. Les cuivres ont disparu.
Sonne un peu
« variété ».
Fleur Carnivore
Un sommet de l'oeuvre enregistrée de Carla. Composition,
arrangement,
direction d'orchestre : dans ces trois domaines, elle excelle,
poursuivant à
sa manière la tâche abandonnée par Gil Evans. Solos de Lew Soloff,
Frank Lacy, Gary Valente, Wolfgang Puschnig, Andy Sheppard, Christof
Lauer, Karen Mantler
et Steve Swallow.
The Very Big Carla Bley Band
Encore un disque magnifique : une formation encore plus
luxueuse, au service des
quatre solistes : le trompettiste Lew Soloff, Gary Valente au trombone,
l'altiste
Wolfgang Puschning et le ténor Andy Sheppard. Un sommet : Lo
ultimo.
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Go Together
Quand la complicité amoureuse se conjugue avec l’union d’une
compositrice pour laquelle le piano n'a longtemps été qu'un accessoire
et
d'un bassiste électrique aux conceptions totalement originales, on a un
dialogue
passionnant avec une économie de moyens étonnante.
Big Band Theory
Un peu décevant, hormis Birds of Paradise. Tout est
relatif, mais la
discographie de Carla est tellement riche...

Songs with Legs
Cet album en trio, piano-saxophone-guitare basse, est organisé autour
de son
harmonisation splendide d'un des plus célèbres blues de Monk, Misterioso.
L'influence de Monk sur la musique de Caria Bley
s'entend de mieux en mieux depuis qu'elle s'est mise à la pratique
assidue du
piano, soit en duo avec Steve Swallow, soit, comme ici, en ajoutant le
timbre
légèrement rauque, voilé et d'une extrême justesse d'Andy
Sheppard, le saxophoniste britannique; une association qui rappelle
l'alliage sonore du
ténor Charlie Rouse avec la frappe assurée de Monk.
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Un nouvel octet, 4 x 4. Magnifique de bout en bout, avec un magnifique
Andy Sheppard dans
Utviklingssang (je garde néanmoins un souvenir ému
d'une
interprétation extraordinaire de ce morceau par le même Andy Sheppard,
au
Parc Floral de Vincennes voici une dizaine d'années).
Carla revient à
la tête d'une nouvelle formation, inaccoutumée : un
double-quartet avec deux fins rythmiciens (le bassiste Steve Swallow et
le percussionniste Dennis Mackrel), une place de choix aux instruments
à vent, un orgue côtoyant le piano de Carla. Une pareille
formule, qui, de surcroît, présente un casting superbe, constitue une
matière idéale pour cette artisane, si habile à travailler les masses
sonores, les couleurs et les contrastes.
Le groupe 4x4 selon Carla Bley : « Nous
avions eu l'idée d'un big band réduit. Il a fallu supprimer trois
trompettes, trois trombones et trois instruments à anche. Il en est
resté notre section rythmique carrée et quatre instruments à vent. À
Copenhague, nous avons eu l'occasion d'essayer cette nouvelle formule.
Elle fonctionnait bien. J'ai appelé mon agent et lui ai demandé de
m'organiser une tournée. »
Commentaire de certaines œuvres par Carla Bley :
Baseball : « La grande bataille entre Mark McGwire et Sammy Sosa était dans tous les journaux télévisés, et quand le morceau a pris forme, j'ai décidé de l'appeler Baseball . Aucun des extraits de fanfare joués à l'orgue n'y était avant qu'il ait ce nom. J'ai pensé que ce serait drôle d'y ajouter quelques mélodies sportives célèbres, mais je n'avais assisté qu'à un match dans toute ma vie et n'en regardais jamais à la télé. J'ai téléphoné à ma fille, qui se plaignait toujours du bruit des jeux quand elle habitait près du Fenway Stadium à Boston. Elle se souvenait de plein d'airs de fanfares et me les a chantés au téléphone. »
Blues in 12 Bars and Blues in 12 Other Bars : « L'idée du premier morceau m'est venue pendant que Steve Swallow et moi étions à Copenhague. On m'avait prêté un synthétiseur Kurzweil un peu endommagé. C'est donc cet instrument qui est responsable du tour qu'a pris le premier titre, Blues in 12 Bars and Blues in 12 Other Bars . Il ne pouvait pas tenir les notes ni contrôler le volume. La seule musique qui sortait de ce truc était quelque chose que je n'imaginais entendre que dans un bar. »
Les Trois Lagons : « Les Trois Lagons a commencé par être une commande du Festival de jazz de Grenoble. On m'a demandé de choisir un hors-texte dans un livre de découpages d'Henri Matisse qui s'appelle « Jazz », et de m'en inspirer pour composer une œuvre. J'ai choisi des motifs qui s'appelaient tous "Lagons" et ai écrit le morceau en regardant un vrai lagon de ma fenêtre. On l'a joué en trio (avec Andy Sheppard et Steve Swallow) au festival de Grenoble en 1996. Comme il était prévu d'y ajouter d'autres musiciens plus tard, je l'ai réorchestré pour Fancy Chamber Music en 1996 et une nouvelle fois pour 4X4 fin 1999, lors d'un séjour avec Steve Swallow dans une petite île des Caraïbes. »
Sidewinders in Paradise : « Il y avait beaucoup d'oiseaux et nous adorions surtout écouter chanter les passereaux au crépuscule. Chaque soir pendant nos duos, les oiseaux et les grenouilles avaient l'air de nous accompagner. Je me suis mise à enregistrer et à transcrire les mélodies des passereaux, à la recherche d'une idée pour un morceau. Une de mes cassettes usagée ne s'est enregistrée que sur une piste. Sur l'autre, Sidewinder, un morceau impressionnant de Lee Morgan était resté gravé. En le réécoutant j'ai tout de suite compris ma chance : un nouveau morceau était né ! Les oiseaux sonnaient merveilleusement bien sur le motif rythmique qui ne s'était pas effacé. Plus tard, alors que je retravaillais le tout, il s'est trouvé que la phrase Stranger in Paradise s'adaptait aux premières mesures des changements d'accords. Je l'ai donc intégrée au morceau. Ailleurs, c'était les coassements à deux notes des grenouilles que nous entendions tous les soirs qui figuraient à l'arrière-plan. Le morceau une fois terminé, je n'ai eu aucun mal à lui trouver un nom : Sidewinders in Paradise. Presque tout était « emprunté », alors pourquoi ne pas faire la même chose avec le titre ? »
Utviklingssang : « J'avais déjà écrit une version pour 4X4 du morceau que nous jouerions en rappel à la fin des concerts. C'était le même que celui que nous utilisions en trio. Étant donnée sa place, nous ne l'annoncions jamais, et souvent des gens venaient nous demander à la fin des concerts « C'était quoi, le nom de ce joli morceau ? » La réponse n'était pas très jolie, sauf peut-être pour les Norvégiens, mais nous nous pincions les lèvres comme des poissons et essayions de dire « Utviklingssang ». Il y a des années un organisateur m'avait demandé de composer quelque chose d'un peu scandinave pour une tournée que je faisais avec les Scandinavian All-stars. J'avais refusé parce que je trouvais que c'était une idée ridicule, mais le morceau m'était venu tout seul. J'attendais d'arriver à Oslo, où se déroulaient les répétitions, pour lui donner un titre. En chemin pour la première séance, j'ai vu un défilé de manifestants dans l'avenue principale. J'ai demandé à mon guide contre quoi ils protestaient. Il m'a répondu que les saumons et les rennes de Laponie étaient menacés par la construction de barrages destinés à fournir plus d'énergie aux villes du sud de la Norvège. Un des mots qui revenaient sur les banderoles des protestataires était « Utvikling ». Il m'a dit que ça signifiait « développement ». Je lui ai demandé comment traduire « Chanson du développement » en norvégien ; et voilà, c'était Utviklingssang. »

Andy Sheppard
The Lost Chords

The Lost Chords Finds Paolo Fresu
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Voici enfin le
quartet
augmenté de Paolo Fresu à l'initiative d'Andy Sheppard (voir ci-dessous).
Et les deux hommes se sont trouvés. "Association quasi télépathique", écrit Alex Dutilh dans Jazzman. Même élégance dans le phrasé, même moëlleux dans le son. Paolo se fond à merveille dans le groupe. "On aurait dit qu'ils se connaissaient depuis toujours. Ils savaient se suivre, leurs sonorités se fondaient ensemble, leur timbre était parfait l'un pour l'autre. Un truc mystérieux, comme un coup de foudre", raconte Carla Bley. "... une musique extrêmement émouvante, dont les mélodies s'insinuent sous la peau avec une sonorité à damner les saints. Le mariage de la trompette de Paolo Fresu (souverain dans ses solos) avec le ténor d'Andy Sheppard (granuleux et tendre) est un des bonheurs inattendus de ce disque, qui prend place parmi les meilleurs de Carla Bley - ce qui est dire son excellence." (de Michel Contat dans le Télérama du 17 novembre 2007, qui attribue ffff à ce disque, également CHOC de Jazzman. |
P.S. J'ai écouté ce CD une
première
fois. Je l'ai apprécié tout en le trouvant un peu trop "sage". Je l'ai
écouté une deuxième fois, et depuis, il ne quitte plus ma platine.
Tous les morceaux sont excellents, en particulier Four
et Five Banana. Andy
et Paolo s'entendent à merveille, Carla n'a jamais aussi bien joué du
piano, Steve Swallow est comme d'habitude impérial. A la première
écoute le jeu de Billy Drummond ne m'a pas emballé, mais maintenant il
s'impose comme une évidence.
Vous l'aurez compris, un disque indispensable !

La revue Jazzman classe ce disque dans les 15 meilleurs CD de l'année 2007, avec ce commentaire : "Cela faisait des lustres que la dame n'avait pas écrit de manière aussi somptueuse pour une petite formation, renouant avec la sensualité exacerbée de "A Genuine Tong Funeral" ou "Dinner Music". Il faut dire que l'association quasi télépathique de Paolo Fresu et d'Andy Sheppard (une requête du saxophoniste) fonctionne à merveille sur les harmonies épanouies de Carla Bley. Longtemps, longtemps après que le disque s'est achevé, les thèmes vous dansent dans la tête. Une bande-son du bonheur."
On en avait presque oublié combien Carla
Bley était une compositrice
sensible. Suffisamment passionnant pour ne pas nous lasser, son travail
d’écriture s’est développé ces dernières années essentiellement au sein
de formations étoffées, parfois guettées par la rigidité mécanique et
la sécheresse cérébrale, des big bands affûtés qui donnaient en fait
toute leur (dé)mesure sur scène. Plus intimiste, le quartet de The Lost
Chords (Steve Swallow
à la contrebasse, Billy Drummond
à la batterie, Andy Sheppard
aux saxophones ténor et soprano), avec lequel elle avait enregistré un
album en 2003, lui permet de poser le jeu et de développer une fibre
émotive bienvenue, toutefois dénuée de pathos. A l’origine de The Lost Chords find Paolo Fresu,
on trouve pourtant un concept quasi mathématique autour du chiffre
cinq, décliné à l’envi (5 musiciens, 5 mesures, 5 sections, des
intervalles en quinte, une main à 5 doigts, etc), jusqu’à la
banane : « Les bananes
poussent en régimes et en anglais un régime est souvent appelé "main" »,
précise encore Carla Bley. Quelque peu tiré par les cheveux, le
cheminement de la pianiste fait montre d’un humour malicieux et conduit
à des compositions intitulées “One Banana”, “Two Banana”... jouées par
le Banana Quintet. Outre ce délicieux délire, on trouve sur l’album,
son meilleur depuis des lustres, un morceau dédié à l’acteur décédé de Superman,
Christopher Reeves, qui met encore un peu plus en évidence l’esprit à
la fois léger et grave que sous-tend un tel projet. Pour le reste, les
plages forment une suite parfaitement dense et homogène, qui évolue en
une succession de mouvements amples et harmonieux, à la densité
graduellement croissante (“Four” est à ce titre un sommet d’intensité,
notamment lors du solo de Drummond soutenu par les ostinatos conjoints
du piano et de la contrebasse). Déterminant, l’apport de Paolo Fresu
confère ce supplément de poésie et de douceur, de pureté mélodieuse
proprement poignante. Plus que le trompettiste italien, Carla Bley et
ses fidèles musiciens ont trouvé à ses côtés la Beauté.
article
écrit par Fabrice
Fuentes, le 8 février 2008
http://www.pinkushion.com/enmarge.php3?id_article=2926
La
très bonne idée de ce dernier album de The lost chords
est d’être allé chercher le trompettiste sarde Paolu Fresu pour
accompagner le quartet de la plus suédoise des compositrices
américaines, Carla Bley. Une quête contée comme une bande dessinée et
avec beaucoup d’humour dans les « liner notes » qui accompagnent
l’album. Une rencontre en apparence contre nature tant la pianiste
s’est ses dernières années appliquée à l’understatement dans ses
compositions, un certain minimalisme froid alors que Paolo Fresu
transmet beaucoup d’émotion par la sincérité et le naturel de
son
phrasé.
Et pourtant le résultat est exceptionnel. La suite The Banana Quintet
est une pièce majeure où chaque note semble absolument nécessaire,
indispensable. Une harmonie élégante, majestueuse, vibrante, porteuse
de lendemains lumineux, sans aucun pathos. Le timbre charnu et rond de
Fresu se marrie parfaitement à l’élégance effacée de Drummond à la
batterie, au swing de Steve Swallow, toujours parfait à la basse
électro-acoustique et au son pur d’Andy Sheppard aux saxophones soprano
et tenor. Quel bonheur ces compositions que nous offre Lady
Bley,
de la très belle ouvrage, montant en intensité avec subtilité et nous
tenant en haleine jusqu’à l’accord final. En apparence d’une grande
facilité, la suite est d’une construction très complexe, avec des
ruptures harmoniques très brutales, des chorus de cinq mesures et de
nombreuses quintes. Et surtout ensemble, les cinq musiciens ont un son
d’une homogénéité parfaite, un peu comme si cela faisait vingt ans
qu’ils traînaient ensemble dans tous les rades de la planète. Des vieux
de la vieille à qui on ne la raconte pas. Ils se sont vraiment trouvés
(« find »), au sens fort du terme, trouvés dans le souffle qui les
traverse, trouvés dans la pâte sonore, trouvés dans le même amour de la
musique. Leur art explose sur le sublime Death of Superman – Dream
sequence 1 Flying
, une pièce très intime, très lyrique, très dépouillée où Fresu se
découvre être le jumeau poète de Sheppard. Absolument bouleversant. A
la fin de l’album, ils reprennent une vieille composition de Carla
Bley, Ad libitum,
qui semble avoir été écrite pour conclure cet album choral.
Régine Coqueran pour les Dernières nouvelles du Jazz, un excellent blog
que je vous recommande. C'est ici : http://www.lesdnj.com/


De par son nouveau statut d'invité des Rencontres de Calvi, Paolo Fresu est désormais sur la page "invités".
A consulter aussi l'article sur Carla Bley, puisqu'il vient d'intégrer sa petite formation "The Lost Chords".![]()
Né
à Paris de parents vietnamiens, le guitariste Nguyên
Lê cofonde en 1983 le groupe ULTRAMARINE.
Musicien
autodidacte à vocation ouverte, il joue de ses cordes autant pour le
rock et le funk, la chanson, le Jazz contemporain, l'électro-acoustique
et surtout les
musiques extra-européennes.
Ses
collaborations sont innombrables : Art Lande,
Marc Johnson & Peter Erskine, Andy
Emler, Michel Portal, Miroslav Vitous, Trilok
Gurtu, Sylvain Marc, Antoine
Illouz, Aldo Romano, J. F. Jenny Clarke, Dewey
Redman, Jon Christensen,
Bunny Brunel, Daniel Humair, Michel Benita, Nana Vasconcelos, Glenn
Ferris, Christof Lauer, Paolo Fresu, Art Lande,
Paul McCandless, André Ceccarelli, Richard Bona et d'autres encore.
En 2008, il enregistre "The Othello Syndrome", de Uri Caine,
« Blauklang », le nouvel album de Vince Mendoza
& aussi « Dream
Flight », le nouvel album du trio Erskine - Lê - Benita, avec
Stéphane Guillaume en invité au
sax.
Un nouveau disque sort en oct 2009: SAIYUKI, un trio asiatique
avec Mieko Miyazaki (koto) & Prabhu Edouard (tablas), &
Hariprasad Chaurasia (flute) en invité. En tant qu’ingénieur du son il
mixe le nouvel album de Dhafer Youssef «Abu Nawas Rhapsody» avec qui il
tournera en concert en 2010.

Un extrait vidéo : "Ave Maria" où Nguyên Lê rencontre... le Concordu de Orosei !!
12 août 2009.
Né le 4 janvier 1942 dans le Yorkshire, le guitariste John McLaughlin, également connu sous le nom de Mahavishnu, a commencé sa carrière en Angleterre dans les années soixante. Après un disque avec Tony Oxley et John Surman (Extrapolation), dans lequel s'expriment déjà sa grande technique, sa vélocité et son inventivité, il part en 1969 aux Etats-Unis pour rejoindre le Lifetime de Tony Williams. Puis il est engagé par Miles Davis pour ses albums majeurs In A Silent Way, Bitches Brew (dont un morceau s'appelle tout simplement John McLaughlin), Big Fun, A Tribute to Jack Johnson et l'album Live/Evil. Il joue également avec Miroslav Vitous, Larry Coryell, Wayne Shorter et Carla Bley.
Il fonde en 1970 le Mahavishnu Orchestra avec le violoniste Jerry Goodman, auquel succèdera Jean-Luc Ponty, Jan Hammer, Rick Laird et Billy Cobham. Ce sera le premier groupe de fusion jazz/rock avec des influences indiennes.

Changement radical avec la création avec Zakir Hussain de Shakti (l'énergie en sanskrit), groupe acoustique qui combine la musique indienne et le jazz. En 1973, il enregistre Love Devotion Surrender avec Carlos Santana, autre disciple du guru Sri Chinmoy.
Il participe également à des rencontres autour du flamenco avec Paco de Lucia et Larry Coryell, puis Al Di Meola. Ce sera le Guitar Trio.
Le groupe Shakti renaît
avec Remember Shakti où, à
côté de Zakir Hussain, il joue avec de grands musiciens indiens tels
que U.
Srinivas, V. Selvaganesh, Shivkumar Sharma et Hariprasad Chaurasia.
Saturday Night in Bombay est une rencontre au
sommet. Sur "Luki", le
premier thème, le chanteur Shankar Mahadevan suit de la voix les
accents de la
guitare et de la mandoline en une frénésie rythmique incroyable. Sur le
plus long "Giriraj Sudha", écrit par le Madrassi
U.Shrinivas, les tablas se
mêlent à la voix. "Shringar" est une méditation
onirique de
près d'une demi-heure où les cordes sensibles de la guitare
déclinent en de longs motifs les incroyables dérivations du santour,
ponctués avec délicatesse des tablas et du kanjeera.

L'Italie compte décidément nombre de musiciens de jazz de premier plan. On peut notamment citer les trompettistes Enrico Rava, Flavio Boltro et Paolo Fresu, et les pianistes Enrico Pieranunzi et Giovanni Mirabassi. Ce dernier, après Architectures enregistré en trio en 1998, l'excellent Avanti! consacré aux chants révolutionnaires, Air avec Flavio Boltro et Glenn Ferris (2003), vient de publier Cantopiano, consacré cette fois au patrimoine de la chanson française. Il reprend ici des chansons de Dalida, Nougaro et Brassens et aussi des chansons de chanteurs de sa génération comme Agnès Bilh ou Jeanne Cheral. Le style élégant et lyrique de Mirabassi est reconnaissable entre mille, un jeu délié, une main droite extrêmement fluide, un swing subtil évoquant parfois Bill Evans. Un très beau disque.
Né en 1949, Enrico Pieranunzi est reconnu par ses pairs comme l'un des meilleurs pianistes mondiaux. Influencé à ses débuts par Bill Evans et McCoy Tyner, il a acquis un style bien personnel depuis son premier disque Jazz a confronto avec Bruno Tommaso (1975). Parisian Portraits (1990) le présente en solo. En 1993 il forme un trio avec Marc Johnson et Paul Motian. Ce trio enregistrera Untold Story (1993), un magnifique The Night Gone By (1996) avec un délicat Canzone di Nausicaa, puis Ballads (2005).
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Dans Doorways (2004), Chris Potter remplace le bassiste dans le trio avec Paul Motian.
Le pianiste joue également en trio avec Charlie Haden et Paul Motian. Special Encounter (2005) présente des standards mais également des compositions originales d'Enrico Pieranunzi ou de Charlie Haden. Ce disque baigne dans une atmosphère unique, lyrique, d'une grande poésie. Le contrebassiste et le batteur font plus qu'accompagner le pianiste dans une parfaite symbiose.
A ne pas manquer, le concert enregistré au Duc des Lombards en avril 2001 (double CD Live in Paris). Entouré de Hein van de Geyn et Dédé Ceccarelli, Pieranunzi fait une véritable démonstration de jeu à trois temps notamment dans Footprints, Hindsight, Someday My Prince Will Come et une merveilleuse composition : Una Piccola Chiave Dorata où alternent le 3/4 binaire et le 3/4 ternaire. Egalement, sur le CD2, un excellent One Lone Star. Du grand art.
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A signaler également Bill Evans, portrait de
l'artiste au
piano,l'excellent ouvrage consacré par Enrico Pieranunzi à
son
inspirateur.
Editions Rouge profond.

Jan Garbarek
Il commence à enregistrer au début des années 70 pour le label allemand ECM, basé à Münich, mais dont le célèbre studio d'enregistrement se situe à Oslo. Il fait alors partie de l'avant garde scandinave aux côtés notamment du pianiste Bobo Stenson, du guitariste Terje Rypdal, des batteurs Edward Vesala et Jon Christensen, du bassiste Arild Andersen... Sa carrière prend un tournant décisif quand il rencontre Keith Jarrett, qui l'intègre dans son quartet dit « européen », avec Jon Christensen et Palle Danielsson. Cette expérience lui permettra d'obtenir une reconnaissance internationale et de mener une carrière en leader très suivie et appréciée bien au delà des frontières de la Norvège.
Jan Garbarek multiplie ensuite les collaborations avec des musiciens de jazz de renommée internationale comme John Taylor, John Abercrombie, Bill Frisell, Miroslav Vitous, Ralph Towner, Bill Connors... avec lesquels il développe une esthétique très particulière. Loin des fureurs électriques et virtuoses de l'époque, ses formations (essentiellement en quartet) produisent une sonorité légère et aérée, très axée sur la mélodie, le silence et la respiration. Ce côté aérien est renforcé par un son de saxophone caractéristique, notamment obtenu par un fort effet de réverbération, au ténor comme au soprano, ses instruments de prédilection. Son jeu « éthéré » vaudra parfois à sa musique le qualificatif (un peu méprisant) de "New Age Music".
À partir de la fin des années 1980, il forme un groupe régulier avec Rainer Brüninghaus, Eberhard Weber, Manu Katché et Marylin Mazur, communément appelé le Jan Garbarek Group. Il se tourne également vers la musique du monde. Il rencontre notamment Anouar Brahem, Zakir Hussain, Mari Boine, Ustad Fateh Ali Khan.Dans ce disque, les chansons et les musiques forment une unité qui est elle-même message. De ce fait, on y trouve plusieurs niveaux de lecture, qui permettront aux âmes poétiques de lire entre les lignes, aux musiciens d’entendre entre les notes et d’identifier les connexions entre les chansons, sans laisser de côté le public le moins averti, qui sera touché par les mélodies et par la variété des styles, de la ballade à la musique tribale !
En 1993, il collabore avec l'Ensemble Hilliard spécialisé dans
le chant
grégorien pour créer l'album Officium qui remporte
un succès
inattendu. Expérience réitérée depuis avec l'album
Mnemosyne en 1999.
Garbarek,c'est un son clair de sax soprano ou ténor, c'est surtout une transparence, une sonorité aérienne évoquant les grands espaces, et un lyrisme contenu. Si sa sonorité n'est pas éloignée de celle de Michael Brecker, son lyrisme limpide, sorte d'équivalent boréal à l'expressionnisme torride d'un Gato Barbieri crée une musique à la fois sauvage et glacée, tendue et retenue. Il y a du feu sous sa glace !
| SART (1971) ECM 1015 (Phonogram) Excellent disque, entre romantisme éthéré et expressionnisme dru |
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TRIPTYCON (1972) ECM 1029
Jan Garbarek pas encore dégagé de ses influences free (notamment Albert
Ayler)
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JAN GARBAREK/ART LANDE : RED LANTA (1973) ECM 1038
Les compositions d'Art Lande mettant ici à l’épreuve un Garbarek
flûtiste, ahurissant de justesse dans la mise en place de longues
mélodies
aux envolées vertigineuses à la fin desquelles les musiciens se
retrouvent
au rendez-vous fixé par l’écriture. Garbarek s’y montre
léger et subtil, le saxo basse gronde. le soprano chante avec le même
bonheur que dans le disque en quartet. Entre jazz et classique, belle
musique
introspective.
Peut-être reprochera-t-on à ce joli disque une certaine froideur... |
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WITCHI-TAI-TO (1973) ECM 833 330-2
Jan Garbarek, qui s'était un peu contraint à jouer une musique
linéaire avec Art Lande, donne ici plus libre cours à son lyrisme qui,
quoique contrôlé, est assez coltranien et même barbierien. Dans des
compositions moins “ planantes ” qu’à son ordinaire -
des thèmes signés entre autres par Carla Bley, Don Cherry et Jim
Pepper, le
jeu de Garbarek est plus intense que dans ses disques précédents (voir
en
particulierDesireless). C'est
probablement le disque où il "se
lâche" le plus. Sa sonorité au soprano étonne : proche du
hautbois, mais aussi d'instruments folkloriques plus simples.
Bobo Stenson se montre, en adepte de McCoy Tyner et de Jarrett, un
accompagnateur
attentif. L’accompagnement racé qu’il délivre avec Palle
Danielsson et Jon Christensen est en tout point digne d'éloges.
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DANSERE (1975) ECM 1075 / 829 193-2
Excellent disque, dans un style qui se situe entre Sonny Rollins, John
Coltrane et Gato
Barbieri avec un lyrisme prestigieusement maîtrisé et un son d'une
belle
densité.
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DIS (1976) ECM 1093
Un disque assez surprenant, avec dans trois morceaux une harpe à vent.
Jan
Garbarek, accompagné par la guitare classique et 12 cordes de Ralph
Towner,
délivre une belle musique dépouillée et inquiétante.
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PLACES (1977) ECM 1118
Musique déchirée et déchirante distillée au goutte à
goutte, chargée d’une forte intensité dramatique. Climats parfois
livides, éclairés par la sonorité superbe, implorante, intense mais
froide, du saxophone. Musique d’une sereine beauté à l’angoisse
sous-jacente mais riche aussi d’une émotion sans aucune trace de
morbidité : musique ambiguë, énigmatique John Taylor, à
l’orgue, tisse de grandes nappes denses, DeJohnette, fin, subtil,
découpe
ses figures rythmiques avec imprévisibilité et énergie. Bill Connors
assure, à mi-chemin entre Abercrombie et Towner L’absence
de basse créé un climat particulier.
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PHOTO WITH BLUE SKY WHITE CLOUD... (1978) ECM 1135 (Phonogram) |
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JAN GARBAREK/ KJELL JOHNSEN : AFTENLAND (1979) ECM 1169 (Phonogram)
Un chant funèbre, lourd et sombre, qui s’étire pendant trois-quarts
d'heure sur un tempo languissant et presque morbide. Cette fois, les
montées
déchirantes du saxophone dans le suraigu, son souffle glacial
apparaissent un peu
comme des clichés. Par moments seulement, le rapport entre les deux
musiciens
atteint une réelle intensité, et la sonorité du saxophone est alors
envoûtante et mystérieuse, moins agressive que de coutume.
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EVENTYR (1980) |
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PATHS, PRINTS (1981) |
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WAYFARER (1983) |
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IT'S OK TO LISTEN TO THE GRAY VOICE (1984) ECM 1294
Lyrisme tour à tour tranquille et exacerbé, manquant toutefois quelque
peu
de consistance et de profondeur. A noter la cohésion du groupe, avec
notamment
l’excellent Eberhard Weber.
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ALL THOSE BORN WITH WINGS (1986)
A mon avis, pas l’un des meilleurs disques de Garbarek.
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LEGEND OF THE SEVEN DREAMS (1988) ECM 837 344-2
Méditation autour d'une vieille légende lapone, “ Legend
Of
The Seven Dreams ” s’apparente à la “ new
age
music ”. Cette musique planante revisitée par les soins
d'excellents
musiciens (Nana Vasconcelos, Eberhard Weber) évoque les grands espaces
et
contribue au voyage de l'esprit.
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I TOOK UP THE RUNES (1990) ECM 1419 - 843 850-2
Jan Garbarek a pris les pierres runiques des anciens autochtones du
grand nord
européen pour sources d’inspiration. Le résultat est éclatant
d’universalité : la musique est sans frontières, son passeur est
norvégien, il se nomme Jan Garbarek.
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RAGAS AND SAGAS (1990)
Rencontre étonnante entre Garbarek et la musique pakistanaise (le
chanteur Ustad
Fateh Ali Khan). Et ça marche
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STAR (Miroslav Vitous) (1991) ECM 1444
Il y a comme un hiatus fécond entre l'évanescence de Garbarek, la
rigueur,
la sobriété, l'efficacité d'Erskine, l'épaisseur et la
rondeur de Vitous, délivrant son instrument des contraintes rythmiques
pour
souvent doubler la voix mélodique, ou pulsant d'un swing discret une
musique
parfois alanguie. Garbarek fond ici sa voix dans le collectif pour un
vrai disque de
trio. Certains trouveront le climat un peu monocorde, sans relief, et
sans
chaleur...
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MADAR (1992) ECM 1515 / 519 075-2
La rencontre du saxophone de Garbarek avec le luth arabe d’Anouar
Brahem donne lieu
à un des meilleurs disques du saxophoniste : un éclatement de
finesse.
Jan Garbarek, Anouar Brahem et Shaukat Hussain tissent ensemble un
tapis de sons
intimistes où le silence a sa place, où les fils se dénouent, se
distendent puis se rejoignent de nouveau. Ces musiciens savent
s'écouter et se
répondre avant de s'assembler. Nulle profusion dans leur musique, mais
un grand
dépouillement. Au ténor ou au soprano, Garbarek emprunte à l'Orient
son lyrisme. L'oud (luth) de Brahem se teinte de syncopes jazzy ou de
vélocité évoquant le flamenco. Le tabla de Ustad Shaukat Hussain
complète magnifiquement la douceur veloutée de l'oud et du sax.
Superbe !
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TWELVE MOONS (1992) ECM 1500 / 519 500-2
Retour de Garbarek à une musique plus habituelle, un excellent disque.
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OFFICIUM (1993) ECM 1500 / 519 500-2
La rencontre du chant grégorien et du saxophone : magnifique !
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VISIBLE WORLD (1995) ECM 1585 529086-2 Comme d’habitude, ce disque suscitera la controverse ; course à l’objet sonore idéal, lisse et poli à souhait, ou musique subtile et troublante ? World music sans racine ou vraie rencontre entre le génie du jazz et la richesse intelligemment conjuguée de traditions puisées aux quatre coins du monde ? |
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RITES (1998) CD ECM 1685/86 - 559 006-2 Dès la première
plage (Rites), des chants d'oiseaux et bruits de
village captés en Inde insufflent leur vie à l'atmosphère onirique
tissée par les synthétiseurs et le soprano, tandis que sourd une
pulsation
étrange et pénétrante (une sorte de techno, dans son plus noble
traitement). Claviers (Rainer Brüninghaus, Bugge Wesseltoft), basse
(Eberhard Weber)
et percussions (Marilyn Mazur) créent, en osmose avec le saxophone, une
texture
organique ou, au contraire, un flamboiement d'ombres et de lumières. La
sobre
reprise de Malinye rend hommage au compositeur de
cette pièce, Don Cherry,
qui fut, pour tant de mélomanes, un humble et mémorable initiateur - il
suscita en Garbarek le désir d'explorer le folk norvégien.
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MNEMOSYNE (1998) ECM 1500 / 519 500-2
Quatre ans après Officium, Garbarek retrouve le
Hilliard. Cette fois, le
répertoire ne se limite plus au chant grégorien puisqu'on y trouve un
chant
antique grec ou une berceuse estonienne de Veljo Tormis.
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Est-ce la nostalgie
qui nous tient ? A l’écoute de The
Shadow of the Cat, on retrouve par instants le Gato qu’on a
tant
aimé… Ambiances contrastées de “El Chico”, joli “Last Kiss,” avec la guitare acoustique de Peter White… Un disque qui se laisse écouter, sans plus |



Le contrebassiste Charlie Haden, né le 6 août 1937 dans le Missouri, n'est peut-être pas un virtuose comme un Scott La Faro ou un Marc Johnson. Mais il a joué un rôle capital dans le jazz contemporain, notamment en accompagnant Ornette Coleman. En outre son jeu communique une émotion rare. en développant un style très libre. La contrebasse de Haden a un son solide, épais, un des plus riches de l'histoire du jazz. Rares sont ceux qui, comme Haden, parviennent à communiquer autant d'émotion. Au cours de sa longue carrière, il a collaboré avec de nombreux artistes. Mais c'est avec son "Liberation Music Orchestra" fondé en 1969 qu'il restera à coup sûr dans l'histoire.
A partir de chants révolutionnaires de la guerre d'Espagne, Haden compose une sorte de symphonie free en s'entourant de nombreux amis libertaires : Paul Motian, Gato Barbieri, Dewey Redman, Don Cherry et bien sûr Carla Bley, qui participe beaucoup à l'écriture et aux arrangements de l'album.
En 1982 paraît The
Ballad of the
Fallen,
reformation du Liberation Music Orchestra. Loin d’être un pâle remake
du premier disque, celui-ci est un requiem dédié aux victimes des
guerres
sud-américaines (Chili, Salvador) ainsi qu’aux martyrs de Franco. Les
improvisations libres (principalement dues à Don Cherry et Dewey
Redman) se font
plus rares. Une oeuvre moins free, mais plus accessible et finalement
plus aboutie que le
premier.
Le troisième album, Dream Keeper, d’après un poème antiraciste de Langston Hughes, est un peu moins réussi, mais Sandino, magnifié par les arrangements de Carla Bley, est une merveille.
Le dernier album, Not
in our Name,
répond
à la nécessité ressentie par Haden de dénoncer la politique de
George Bush. Charlie Haden et Carla Bley ont organisé l'album autour
des
valeurs
fondamentales de l'Amérique, celles qu'ils défendent contre toutes les
récupérations - d'où les titres des deux premiers morceaux : Not
in our Name et This is not America. Si
cet album est en retrait par rapport
aux précédents, il présente tout de même quelques excellents
solos de Chris Cheek, Tony Malaby et Michael Rodriguez.
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Discographie sélective :
Sous le nom de Charlie Haden
* Liberation music orchestra, 1969, Impulse !
* Duets, 1976, A&M
* The ballad of the fallen, 1983, ECM
* Always say goodbye, 1987, Verve
* Silence, 1987
* Etudes, 1987
* In Angel City (Quartet West), 1988
* The Montreal Tapes, 1989 (Liberation Music Orchestra)
* The Montreal Tapes, 1989 (avec Egberto Gismonti)
* The Montreal Tapes, 1989 (avec Joe Henderson et Al Foster)
* Dream Keeper, 1990 (Liberation Music Orchestra), Polydor
* Night and the City (avec Kenny Barron)
* American dreams, 2002 (avec Michael Brecker)
* Nightfall, 2004
* Land of the sun, 2004
* Not in our Name (Liberation Music Orchestra), 2005
* Heartplay, 2006
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Sous le nom de Ornette Coleman
* Change of the century, 1959, Atlantic/Warner
* The Shape of jazz to come, 1959, Atlantic/Warner
* Song X, 1985, Geffen
Sous le nom de Old and New Dreams
* Old and new dreams, 1979, ECM
Sous le nom de Keith Jarrett
* Keith Jarrett, (1966-1971) collection
Warner Jazz Les incontournables
Sous le nom de Haden-Garbarek-Gismonti :
* Folk songs,1979, ECM
* Magico, 1980
Avec Pat Metheny :
* Beyond the Missouri sky, 1997
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Site : http://www.charliehadenmusic.com/
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Un bel article de Francis Marmande sur Charlie Haden dans Le Monde du 31 mars 2010 :
La rigueur tellurique du contrebassiste Charlie Haden
Charlie
Haden, contrebasse des Amériques, présent sur deux cent
cinquante-quatre albums, de John Coltrane à Keith Jarrett - un album en
duo, Jasmine, chez ECM, le 3 mai - en passant par Chet Baker, Archie
Shepp ou Art Pepper, son premier mentor. Charlie Haden, auteur avec
Carla Bley de la fantastique utopie musicale des années 1970, le
Liberation Music Orchestra. Charlie Haden, compagnon des tout premiers
quartets d'Ornette Coleman - alto pionnier du free jazz. Charlie Haden
reprend la route avec son Quartet West, fondé en 1984, version 2010 :
Ernie Watts (ténor), Alan Broadbant (piano) et Rodney Green (batterie).
La formation passera par la France, au Grenoble Jazz Festival, le 2
avril.
Pas de contrebasse ? Mais si, justement, lui, Charlie
Haden, ses lunettes lunaires d'adolescent abasourdi, son corps debout
enveloppant l'instrument, souvent abrité sous une cage de Plexiglas
pour protéger l'oreille, sept vies de musicien, un son inimitable. Un
son de cathédrale, une lenteur, la sculpture de chaque note, des tics
délicieux, cet amour aigu des graves, la soif de l'harmonie, une
rigueur tellurique.
Eh quoi ? Il ne sait pas s'envoler,
virevolter, monter et descendre le manche à la vitesse des formule 1 ?
Revenons au Los Angeles des années 1950. Charlie Haden, petit Blanc
parmi les Blancs, vient de quitter les ciels à peindre du Missouri pour
suivre Miles Davis et John Coltrane de ville en ville. Il en est
tétanisé. Il garde ce côté villageois de n'aimer que les villes et
prend toujours sa place au premier rang. Il est âgé de 15 ans. Dans un
club, un soir, il découvre, stupéfait, Ornette Coleman, saxophoniste
alto novateur, qui en aura bien bavé avec ses idées d'avant-garde. Le
voit se faire lourdement lourder par Gerry Mulligan, saxophoniste
baryton de luxe. Inutile d'insister. Haden a toujours dit : "De toute
façon, jamais je ne connaîtrai, de près ou de loin, ce qu'un
Afro-Américain a enduré sur terre."
Haden a l'air gauche.
Haden est de gauche. Haden philosophe croit la musique capable de
changer le monde. Haden n'est pas idiot. Haden a connu les
pénitenciers. Haden a fréquenté le "singe", l'héroïne, ce poison mortel
qui donne des idées trop vives. Quand il voit Ornette Coleman au
trottoir, son air si doux, si simplet, son cheveu sur la langue, son
accent du Texas, Haden se présente. Quatre jours et quatre nuits, ils
jouent ensemble.
Charlie Haden fait partie avec son alter
ego Scott LaFaro du double quartette qui en 1960 enregistre avec
Coleman, Eric Dolphy et Don Cherry l'album-manifeste, Free Jazz.
Couverture, Jackson Pollock. Mesure-t-on l'acte ? Non ? Réception ? Un
torrent de boue, force insultes scatos, inutile de trifouiller les
archives, même en France, ce serait gênant.
Ce qui est
passionnant, ce sont les deux parties de contrebasse liées comme des
lianes, celle de Charlie, profonde, grave, lente, lourde. Celle de
Scottie, ailée, aérienne, gracieuse comme un vol de planeur. Et vous
savez quoi ? Ils se passent la main sur les quatre notes fixes du
cordier, comme un don, un geste, une amitié. Ils habitaient alors
ensemble. Scott LaFaro se tue dans un accident d'auto, à 24 ans. Le
virtuose, c'est lui. Haden, grave, paysan, confiant dans la révolution,
c'est l'autre. Or retenons ceci. Le soir, pour gagner 4 dollars et par
amour de la musique, ils jouaient, l'un et l'autre qui s'aimaient tant,
dans deux clubs différents. A la pause, c'est "Scottie", le véloce, qui
sautait dans un taxi. Pour filer où, grands dieux ? Il filait au club
où jouait "Charlie", juste pour l'apercevoir, le saisir, ne fût-ce
qu'un quart d'heure.
Charles Edward "Charlie" Haden est né
dans une tribu de musiciens tendance country de Shenandoah, Iowa, le 6
août 1937. Son frère joue la contrebasse : "A la maison, on ne faisait
que de la musique. Mes parents chantaient dans le genre de la Carter
Family ou des Delmore Brothers. Tous les gosses jouaient et
chantaient." Lui, Little Charlie, à 22 mois, il fait ses débuts à la
radio : "J'inventais les harmoniques sous ce que me chantait ma mère.
On a eu une petite émission de radio. Uncle Carl, mon père et The Haden
Family." C'est ce qu'il fait, il continue. Sous la mère.
Son
Quartet West raconte des histoires de la Côte ouest. Des histoires
simples, des chorus fondamentaux, une exactitude au cordeau. Comme
diraient les musiciens, "ça joue terrible". D'accord, mais Charlie
Haden, merveilleux compositeur et superbe sideman, ne transmettrait
pas, n'aurait pas cet allant, ce charisme ? Allons !
Une
nuit à la Mutualité (sono de hall de gare), avec Dewey Redman (ténor à
pleurer que le public n'a jamais reconnu), Don Cherry (trompette de
poche), Ed Blackwell à la batterie louisianaise, Haden prend un long
chorus sur Lonely Woman, d'Ornette Coleman. Une houle est montée, un
mouvement de fond, une vague d'applaudissements terrible, venue des
ombres hugoliennes de l'océan. Envie de pleurer. Quelque chose
finissait, mais quoi ? Ce soir, tous les bassistes de la terre jouent
"mieux" que Charlie Haden. Sans doute, mais aucun aussi bien. Et de
loin.
Grenoble Jazz Festival : MC2 Grand Théâtre, 4, rue
Paul-Claudel, Grenoble. Tél. : 04-76-51-00-04. Christophe Monniot Trio,
Jeanne Added et Yves Rousseau, Charlie Haden Quartet West, le 2 avril ;
Yves Robert Trio, Stephan Oliva et François Raulin Quintet, Trio Paj,
Little Red Suitcase, Maceo Parker, le 3. De 15 € à 25 €. Sur le Web :
jazzgrenoble.com.
Francis Marmande
"Une ville la nuit"
Samedi
8 février 1997, la nuit tombe sur Los Angeles, 19° Celsius au
thermomètre, 19 h 46 : "Hi, man ! J'habitais là. Regarde, j'habitais
là, man, en 1956, avec Scottie." "Scottie", Scott LaFaro (1936-1961),
et "Charlie" Haden (1937), les deux plus grands contrebassistes de
l'ère nouvelle se sont connus à Los Angeles.
Charlie Haden
conduit comme il joue. Tout en douceur, sans jamais rien forcer. Aux
commandes de sa Volvo Wagon bronze métal, il décline son amour de la
ville : "A l'école, je ne dessinais que des villes. On vivait à la
campagne, à Springfield, Missouri, sous des ciels qui n'en finissaient
pas. Et moi, je ne dessinais que des villes." Son prof sanglotait :
"Dessine-moi une vache, Charlie, merde, un arbre, juste une fois.
Alors, j'ai fait une ville la nuit, avec toutes les lumières."
Article paru dans l'édition du Monde du 01.04.10
voir sur la page "invités".

Une
chanteuse de jazz moins
médiatisée que Diana Krall mais pleine de talent : Stacey Kent.
Je l'ai découverte... sur RCFM, à l'occasion de quelques concerts
qu'elle a
donné en Corse en 2004.

Stacey capte l’attention de l’auditeur dès les premières notes. Sa technique vocale est parfaite, son chant tout en nuances.
Son mari, le saxophoniste britannique Jim Tomlinson, dont le dernier album, “The Lyric” (avec Stacey), a été primé meilleur album de 2006 aux Jazz Awards de la BBC, est également le producteur de son dernier album.

Discographie
:
Close Your Eyes
(1991)
Love Is... The Tender Trap (1998)
Let Yourself Go (1999)
Dreamsville (2001)
Brazilian Sketches (2001)
In Love Again (2002)
The Boy Next Door (2003)
Breakfast on the Morning Tram (2007)
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Stacey chante également sur deux disques de son mari Jim Tomlinson : Only Trust Your Heart (1999) et The Lyric (2006)
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J’ai
découvert Laïka Fatien par hasard, sur la chaîne
musicale Mezzo. J’ai immédiatement arrêté ce que j’étais en train de
faire,
subjugué par la force de son interprétation. Et j’ai découvert ses deux
disques, Look at me
now ! et tout récemment Misery.
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Née d’un père ivoirien et d’une mère hispano-marocaine
à Paris en 1968, Laïka Fatien se fait connaître en chantant
avec le big
band de Claude Bolling. Elle collabore également avec Sixun, Julien
Lourau,
Steve Williams, Antoine Roney, Michael Bowie, David El Malek, Richard
Galliano,
Robert Glasper, Gregory Hutchinson, Peter Martin, Daryl Hall, Vince
Benedetti...
Elle
également au théâtre et participe à "A Drum
is a Woman". Elle mène ainsi une double carrière de musicienne et
d'actrice.
Elle
enregistre un premier album de vocaliste, Look
at me now ! Un album très varié, dans
lequel on remarque notamment le ténor David El-Malek et le pianiste
Pierre de
Bethmann. Une
adaptation déchirante de la ballade d’Abbey
Lincoln
"Throw it Away",
une
reprise ralentie
d’"Eleanor
Rigby" des Beatles,
un "Inchworm"
candide et une version de
"The Best Is Yet To
Come" très différente de celle de Stacey
Kent..
Cet album, à la fois audacieux, maîtrisé et
respectueux des traditions, est une grande réussite du jazz vocal contemporain… Le Point
Quatre
ans après, voici « Misery
», hommage à Billie Holiday, enregistré en février 2008
à Paris.
Outre une sélection très personnelle de chansons et des arrangements
très originaux, la voix de Laïka nous envoûte par sa sensualité, son
ampleur,
son sens du texte et de la musique.
Enfin
une interprète qui ose et réussit le difficile pari de chanter Billie
Holiday !
Laïka Fatien n’essaie pas de copier Billie, elle en livre une
interprétation
personnelle et convaincante, explorant tous les registres et les
timbres de sa
voix. Magistral.
A
la frontière entre jazz, flamenco et tango, le bassiste Renaud
Garcia-Fons propose La
Linea del Sur, enregistré en 2008. "Un Sud imaginaire qui réunirait
de multiples racines musicales, ayant en commun la recherche d'un chant
profond".
Un disque porté par l'accordéon de David Venitucci, la guitare de Kiko
Ruiz, la grande voix du flamenco Esperanza Fernandez (sur
trois
titres) et la technique étonnante de Garcia-Fons à la contrebasse à
cinq cordes, qui sonne parfois comme un violoncelle.



La canne tient l'équilibre. Depuis l'accident, les verres la
protègent d'une hypersensibilité au soleil qu'elle aime si violemment.
Sur son lit de douleur, elle enregistrait de petites chansons. Un
copain en balance une sur Internet, succès mondial. Melody Gardot s'en
irrite, mais en profite pour s'entourer. Vince Mendoza, grand arrangeur
de Los Angeles, orchestre son nouvel album, paru fin avril, My
One
and Only Thrill (Verve/Universal Music) : "Je
voulais
quelqu'un de la stature de Gil Evans. Il a disparu, malheureusement.
Vince Mendoza est très éclectique, très sensible, il laisse venir la
musique." Et ces onomatopées qu'on assimile au scat ? "Non,
je me sers de la langue des bébés, la langue d'avant le langage."
"J'AI BESOIN DE ME TESTER"
En scène, fascinante de précision et de look (lunettes noires,
crinière, canne, talons aiguilles, rouge baiser), elle commence par une
chanson a cappella : "Je n'en fais pas une règle, mais
souvent,
j'ai besoin de me lancer ainsi : c'est pour me tester, tester le public
et le lieu. J'attaque avec un spiritual, No More My Lord,
qu'Alan Lomax, l'ethnomusicologue, avait fait enregistrer par une femme
en prison. Je me retrouve seule, nue, et je vois loin, comme un marin
met au point sa longue-vue." Geste à l'appui.
Ce n'est pas du jazz, mais si le jazz d'aujourd'hui atteignait ce feeling tous les soirs, on n'en serait pas là. Depuis Berlin en mai 2008, où nous l'avions vue, pas mal de détails ont changé : "Je n'ai plus besoin de me battre avec mon corps. Ma voix ne me fait plus souffrir, et mes oreilles entendent davantage : plus de cordes, plus de tubas, plus de trombone."
En dehors du jazz, de Radiohead, et de la musique brésilienne, qu'aime-t-elle ? "Le tango. C'est une merveille. Je souffre de vertige cinétique. Voilà pourquoi, en scène, je m'agrippe au micro. Plus la canne. Mais dans le tango, vous voyez, quand vous vous tenez comme ça, allez, vous poussez votre partenaire, de sorte que, même si je sens le vertige arriver, sa main ferme dans mon dos fait que je ne tombe pas. Alors, je peux danser..." Expérience faite. Sur l'album, on l'entend rire. Dans la vie, aussi.
Melody Gardot à l'Alhambra, 21, rue Yves-Toudic, Paris-10e. M° République. Le 13 mai à 20 heures. Tél. : 01-40-20-40-25. 34 €.


