
La branche maternelle de notre famille étant originaire de Sartène, je me devais de commencer cette rubrique par "la plus corse des villes corses", selon Mérimée.
Sartène (Sartè)
La commune de Sartène (Sartè) est une des plus vastes de France, puisqu'elle s'étend sur 20 000 hectares, entre Rizzanese et Ortolo.
Sartène,
d'abord pieve pisane, fut fondée par les Génois
en 1507, après l'élimination de Rinuccio della
Rocca. Son nom proviendrait d'un lieu-dit local et aurait la
même origine lointaine (peut-être
étrusque) que "Sardaigne". Le premier noyau de peuplement
fut le quartier d'u Pitraghju.

A l'époque de Pascal Paoli, les notables interdirent la
région au généralissime (Consulte
d'Istria - 1758), avant d'accepter finalement son autorité
en 1763.
L'histoire de
Sartène fut toujours agitée : luttes des paysans
de la montagne contre les gros propriétaires terriens,
luttes au XIXe siècle entre les habitants des quartiers du
Borgu (taravais d'origine) et ceux de Sant'Anna (Sartenais de souche),
vendetta entre les Roccasera et les familles Ortoli et Pietri...

Sartè
depuis St Damien

Sartène,
au coeur de la terre des Seigneurs, fut le berceau de Pierre-Marie et
Joseph Pietri, tous deux préfets de police sous le Second
Empire, de Nicolas Pietri et de François Pietri, ministre de
la Marine dans l'entre-deux guerres.
La vie politique y fut toujours très active avec la lutte
des ouvriers agricoles contre les sgiò.

Elections municipales à
Sartène
C'est
ainsi qu'à la Libération, c'est un socialiste,
mon grand oncle Jacques Bianchini, qui en fut le
député, et que la mairie fut jusqu'à
ces dernières années, qui virent M. Gori battre
Dominique Bucchini, un fief de la gauche, socialiste puis communiste.
Sartène domine la vallée du Rizzanese de ses
hautes maisons de granit gris. A partir du vieux quartier de
Manighedda, la ville s'est agrandie vers Sant'Anna, le Borgu et
Pacialedda.

On entre à Sartène par le pont de la Scalella, au pied de la vieille ville, construite sur d'énormes blocs rocheux. Le centre de la ville est la Place de la Libération (plus couramment désignée par son ancien nom de Place Porta). Ombragée de palmiers et d'ormes, c'est le lieu de rencontre des Sartenais. La place est dominée par l'hôtel de ville, ancien palais des gouverneurs génois, et par l'église Ste-Marie où sont exposées la croix et la chaîne portées par le pénitent du Catenacciu. En passant sous la voûte de l'hôtel de ville, on pénètre dans le quartier de Santa Anna, par la place du Maggiu, avec en face la rue des Frères Bartoli, et à gauche la rue Caramama. En descendant, on accède à l'échauguette du XIIe siècle, vestige des murailles qui enserraient la ville.

Piazza Porta
Face
à la place Porta, le cours Bonaparte traverse le quartier de
Pacialedda avant d'arriver à l'énorme rocher dit "U
Cantone di Francia", d'où partent la route de
Granace (à droite) et celle de Tallano et
Aullène, qui rejoint le Rizzanese après le hameau
de a Castagna.

A Manighedda
La rue
principale - Sant'Anna avant la Place Porta, Cours Soeur
Amélie au-delà - aboutit à un
rond-point où s'embranchent, à gauche la route de
Foce, à droite, le cours St Damien, belle promenade
ombragée ménageant une belle vue sur
Sartène avant d'atteindre le couvent St Côme et
Damien qui surplombe la vallée. Au-delà, peu
avant Bocca Albitrina, le cimetière s'étage
à flanc de colline. C'est pour moi un lieu
émouvant, car mon grand oncle Jacques Antoine Bianchini
(1901-1988), son épouse et sa fille, y reposent, ainsi que
mes arrière grand-parents Jean Bianchini "detto Biondo"
(1877-1929) et Marie-Louise Tafanelli (1874-1930) .
La petite route de Mola offre également de belles vues sur
la ville et le golfe de Valinco.
Sollacaro (Suddacarò)
Au pied du col de Celaccia, Sollacaro est le berceau de notre famille paternelle. Ce village, qui a sur son territoire deux sites préhistoriques de premier plan, Filitosa et Calanchi-Sapara Alta, se compose de plusieus quartiers : Panconu, Livisanu, i Torri, Casanova, A Teppa, Amedina, Lomellino, Poggionovo et Mezzu in Sù.
Sollacaro fut l'ancienne résidence des seigneurs d'Istria. Boswell rencontra Pascal Paoli à Sollacaro en novembre 1765. C'est là aussi qu'Alexandre Dumas a situé l'action des Frères corses.
Ste Lucie de Tallano (Santa Lucia di Taddà)
Situé à 460 mètres d'altitude, au milieu d'oliveraies, le village de Santa Lucia di Tallà fut la capitale féodale de la Rocca et de la pieve de Tallano (ou Attallà). Elle fut mise à sac par les Barbaresques en 1583.

Regroupant les villages de Poghju et de Sant'Andria, Sta Lucia est un très beau village ouvert sr la vallée du Rizzanesi, avec ses quartiers Cuddetta, a Ricciaghja et a Bastiglia.

A Ste Lucie on peut voir le couvent Saint-François du XVe siècle, l'église paroissiale du XVIIe siècle à nef unique, la maison fortifiée (a Casa turra) du XVIe siècle, dotée de mâchicoulis et de meurtrières, et l'église romane de Saint-Jean Baptiste au hameau de Poggio di Tallano.

A Casa turra

S. Ghjuvanni Battista

U
Fragnonu
Enfin, ne pas manquer la diorite orbiculaire (a petra occhjata) ornant le socle du monument aux morts au centre du village sur la Piazza di l'Ulmu, et une visite au très intéressant musée de l'huile d'olive dans l'ancien fragnonu. Une Festa di l'Oliu Novu se tient tous les ans début mars à Ste Lucie. Le Vendredi Saint se déroule, comme à Sartène voisine, un Catinacciu.
Non loin
de Sta Lucia, les Bains de Caldani soignent les
maladies de peau et les rhumatismes, ou tout simplement permettent un
moment de détente.
Lumio (Lumiu) et
Occi (Oggi)