Les Rencontres Polyphoniques de Calvi

Année 2026

Dernière mise à jour : 07/10/2026

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38èmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi
14 au 18 septembre 2026

À l'iniziu c'era a voce

  

 

U SVEGLIU CALVESE
La Poudrière / Citadelle
20260 CALVI

Tél : 04 95 65 23 57
Fax : 04 95 65 41 54
Mail : svegliu@gmail.com

Les autres années sont >>>>>>>>> ici <<<<<<<<<<.


affiche

18/07/2026

Le programme se prépare...
Premières informations : Les Rencontres se dérouleront dans la salle de spectacle de Calvi ; et A Filetta entrera en résidence avec un groupe coréen juste avant les Rencontres.

Plus de détails dans l'intervention de Dominique Bianconi dans l'émission "In Piazza".

16/08/2026

Le programme des XXXVIIIèmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi
14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 septembre 2026


Lundi 14 21h30 Salle de spectacle Soirée d'ouverture :
Eppò
(Corse)
Musique corse aux accents méditerranéens

Mardi 15

18h Salle de spectacle Liquid Sound & A Filetta
(Corse/Corée)
Création
  21h30 Salle de spectacle Barzaz
(Bretagne)

Mercredi 16 11h Salle de spectacle Nicola Segatta
(Italie)
La lutherie comme métaphore pour tout construire

18h Salle de spectacle José Sanchez & Alberto Garcia
(Espagne)
De la musique baroque au flamenco

21h30 Salle de spectacle Roomful of Teeth & Gabriel Kahane
(Etats-Unis)
Partita for 8 voices de Caroline Shaw (extraits) et Elevator Songs de Gabriel Kahane


Jeudi 17

11 h Salle de spectacle Ecoute publique d'archives sonores de la Phonothèque du Musée de la Corse


18h Salle de spectacle Humanophones
(France)
ANTROPUS - Un concert pop "alternatif" et Soul entièrement produit par le corps



21h30 Salle de spectacle Maliheh Moradi, Kiya Tabassian & Hamin Honari
(Iran)

Vendredi 18 11 h Salle de spectacle Salon de musique de Franck Tenaille
Les musiques des routes de la soie

18 h Salle de spectacle Seamus & Caoimhe
(Irlande)



21h30 Salle de spectacle A Filetta
(Corse)

Samedi 19 11h Église Saint Marie Majeure Rosela Libertad
(Argentine)
18 h Salle de spectacle Micrologus
(Italie)
Le Livre des créatures dans les oeuvres de François d'Assise, Hildegard von Bingen et Raymond de Sabunde
21h30 Salle de spectacle Rebecca Roger Cruz
(Vénézuela)
Calusgiule à l'ultimu : Clôture avec les participants aux Rencontres :
A Filetta, Nicola Segatta, Maliheh Moradi, Kiya Tabassian, Hamin Honari, Seamus & Caoimhe, Micrologus et Rebecca Roger Cruz

Chaque soir les chants d'A FILETTA accueilleront les groupes invités


Le journal des Rencontres

Les textes de ce petit journal sont rédigés au fil de l'eau, parfois "à chaud", souvent vers 1h du matin, au retour des concerts ou le lendemain matin tôt afin d'être transmis à la rédaction de la Gazette (voir ci-dessous) et d'alimenter cette page.
De ce fait, il livre les premières impressions brutes - voire brutales - du rédacteur. Puis ce commentaire est repris, enrichi, approfondi, affiné quelques jours plus tard, au gré des réminiscences, des discussions et des analyses.
Le lecteur ne devra donc pas s'étonner de voir évoluer ces textes. Qu'il n'hésite donc pas à revenir sur la page !

Les Rencontres 2026 seront un peu particulières puisqu'elles se dérouleront intégralement hors de la Citadelle. En effet, compte tenu de la réduction de la jauge de la Cathédrale (réduite à 200 places et sans sonorisation) et de l'absence de lieu complémentaire (Oratoire et Chez Tao fermés), il aurait été très risqué et très compliqué d'organiser tous les spectacles sur la Place d'Armes. C'est donc la Salle de Spectacle de Calvi qui accueillera cette année la quasi totalité des concerts, à l'exception de celui du samedi matin.
On regrettera la Citadelle mais ce changement n'a pas que des inconvénients : la salle est plus accessible, les sièges plus confortables... Une nouvelle ère pour ces 38es Rencontres.

Vous trouverez bientôt ci-dessous des photos prises par des photographes professionnels : Armand Luciani (Casta Libre), et Olivier Sanchez (Crystal Pictures), et aussi les miennes (avec parfois quelques jours de retard faute de temps).

Pour toutes ces photos, il vous suffira de cliquer dessus pour les agrandir.
N.B. : Il y a BEAUCOUP de photos sur la page, ce qui peut entraîner des temps de chargement assez longs, selon la qualité de votre connexion internet.


Lundi 14 septembre

lundi

Présentation

EPPÒ
Né à Bastia, EPPÒ réunit cinq musiciens passionnés autour d’une même envie : faire voyager la musique corse au-delà de ses frontières.
Entre traditions insulaires, rythmes méditerranéens, folk et musiques du monde, EPPÒ propose un spectacle généreux et festif. Portées par des mélodies lumineuses, des textes poétiques et une énergie communicative, les chansons du groupe invitent au partage, à la danse et à l’émotion.
Après plus de 100 concerts en Corse et sur le continent, EPPÒ poursuit aujourd’hui son aventure avec son deuxième album D’Ogni Culore. Fidèle à l’esprit du groupe, il est à la fois un prolongement naturel du premier album Core Timpesta et une nouvelle exploration sonore. Chaque titre est un tableau vivant, une histoire universelle portée par des rythmes envoûtants et des mélodies aux couleurs multiples. Un véritable voyage au cœur des émotions humaines, avec un message fort d’ouverture, de tolérance et de célébration de la diversité.
Ange Torre - Guitare, bouzouki, banjo, flûtes et chant
François Spinelli - Chant
Pierre Tristani - Guitare et chant
Jean Philippe Graziani - Basse et chant
Laurent Gueirard - Percussions

Le compte-rendu de L'Invitu :

Les Rencontres, qui commencent officiellement le mardi, nous offrent selon une tradition bien établie une soirée d'ouverture la veille.
Ce soir c'est le groupe bastiais Eppò qui ouvre ces Rencontres. La formation réunit Anghjulu Torre - Guitare, bouzouki, banjo, pirula, guimbarde et chant, François Spinelli - Chant, Petru Veyrat-Tristani - Guitare et chant, Jean Philippe Graziani - Basse et chant, Laurent Gueirard - Percussions.
Difficile de qualifier cette musique qui mélange chants traditionnels, folk, rock. La musique reste profondément attachée à la Corse, mais elle regarde constamment vers d’autres cultures.
En tout cas, Eppò déploie une énergie énergie scénique débordante. Beaucoup d’humour, de plaisanteries, de complicité entre les musiciens, d'interactions avec le public Tout cela crée une atmosphère de fête. Les musiciens sollicitent le public, l’invitent à chanter, à répondre, à danser. Peu à peu, les spectateurs deviennent eux-mêmes partie prenante du concert. Et lorsque le dernier morceau s’achève, le public debout a la sensation d’avoir fait la fête avec des amis.

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Mardi 15 septembre

mardi18h

Présentation

LIQUID SOUND & A FILETTA
Lee Inbo - Direction artistique et mise en scène
SEAYOOL - Direction musicale et composition
A Filetta, Kwon Songhee, Kim Youri - Interprètes
Jyuri Kim, Kollab Culture - Conception et coordination du projet
La fougère déploie à la surface de la terre un feuillage qui semble porter la mémoire du vivant. Pourtant, c’est sous le sol, dans le secret de ses racines, que la vie circule et se ramifie.
GOSARISORI donne à entendre ce réseau invisible. Comme les racines d’une fougère, discrètes et profondes, les voix se cherchent, se répondent et se ramifient, faisant surgir ce qui, d’abord, demeure enfoui. L’œuvre invite à écouter l’invisible, à percevoir ce qui relie les êtres et les territoires au-delà de ce qui se voit et se nomme. Le chant traditionnel coréen et la polyphonie corse se sont développés à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Pourtant, tous deux portent une même mémoire : celle de la vie. Les chants populaires racontent les joies et les peines, le travail et le territoire, les saisons, les naissances et les départs. Ils témoignent d’un rapport au monde forgé par la transmission, par la mémoire et par la voix. Deux traditions nées sur des terres différentes, dans des langues différentes, mais traversées par une même humanité. GOSARISORI ne cherche pas à les fusionner ni à effacer ce qui les distingue. Il s’agit au contraire de faire apparaître les résonances qui existent déjà entre elles, ces liens souterrains qui peuvent se révéler lorsque les voix se rencontrent. Sur des terres éloignées, des femmes et des hommes ont longtemps chanté les mêmes joies, les mêmes peines, les mêmes histoires de vie, sans jamais se connaître. Aujourd’hui, leurs voix se rencontrent.

Kwon Songhee
Chanteuse, compositrice et directrice musicale, Kwon Songhee est une figure singulière de la scène musicale coréenne. Elle explore de nouvelles formes d’expression en faisant dialoguer la profondeur du pansori, art vocal traditionnel coréen, avec les sonorités et les rythmes contemporains. Fondatrice de PANSORI LAB et chanteuse du groupe LEENALCHI, elle s’est fait connaître en Corée comme à l’international grâce à des projets qui repoussent les frontières entre tradition et modernité. Récompensé par plusieurs distinctions majeures, notamment aux Korean Music Awards, son travail s’étend également à la composition et à la création musicale pour le cinéma et les séries.

Kim Youri
Artiste vocale coréenne, Kim Youri est spécialisée dans le Seodo Sori, tradition vocale originaire des régions de Pyeongan-do et Hwanghae-do, classée au patrimoine culturel immatériel national de Corée. Sa voix claire et profondément expressive révèle toute la richesse de cette tradition, tandis que son approche personnelle en souligne les nuances, la dimension narrative et la force émotionnelle. Elle se produit aussi bien en récital qu’à travers le Baebaeng-i Gut, forme traditionnelle mêlant chant, récit et expression théâtrale, interprétée par une seule artiste.

SEAYOOL
Compositeur et artiste sonore basé entre le Royaume-Uni et la Corée du Sud, SEAYOOL développe une pratique à la croisée des instruments traditionnels, de la musique électronique et de l’enregistrement de terrain. Son travail, nourri par l’exploration des « manières de ressentir », interroge les frontières entre tradition et technologie et ouvre de nouvelles perspectives sur l’écoute et la perception. Sa pratique se déploie aussi bien dans la performance live que dans des œuvres ambient ou des projets intégrant des données en temps réel. Directeur musical pour des productions théâtrales et chorégraphiques, il explore également les liens entre création sonore, espace et mouvement.

Lee Inbo
Metteur en scène et directeur artistique de Liquidsound, Lee Inbo puise dans les arts de la scène traditionnels coréens pour développer des formes contemporaines de performance. Son travail déconstruit et réinvente les mouvements et les sonorités issus de la tradition, dans un dialogue constant avec la création sonore, la danse et les pratiques interdisciplinaires.

À travers notamment le Yeonhui Deconstruction Project, il développe une réflexion sur le renouvellement des formes performatives traditionnelles et leurs possibilités dans la création scénique contemporaine. Ses collaborations internationales prolongent cette recherche en faisant dialoguer patrimoine, création et nouvelles formes de représentation.
Avec le soutien du Ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme de la République de Corée KOFICE (Korea Foundation for International Cultural Exchange).

Le compte-rendu de L'Invitu :

Tout au long de son parcours, l'ensemble A Filetta nous a habitué à relever des défis un peu fous. Celui d'aujourd'hui était de taille : une création avec la Compagnie coréenne Liquid Sound dirigée par le metteur en scène Inbo Lee et composée par Seayool pour une rencontre a priori improbable entre chant traditionnel coréen et polyphonie corse.
La première partie s'inscrit dans cette interrogation : comment tisser des liens entre ces deux mondes ? Assis sur deux rangées de chaises éloignées se faisant face, les chanteurs d'A Filetta et les deux chanteuses coréennes Kwon Songhee et Kim Youri vont se succéder sans aucune interaction : chaque chanteuse vêtue d'habits traditionnels pour un morceau en solo où l'on découvre les caractéristiques du chant traditionnel coréen : voix rauque et râpeuse, vibrato large, expression de la douleur, intervalles inconnus des oreilles occidentales ... A Filetta interprète trois morceaux, A Paghjella di l'impiccati, Lacrimosa et Sub Tuum.
Puis les deux coréennes reviennent chacune pour un morceau.
La deuxième partie intitulée "Diffuser" voit un début de rapprochement - physique et vocal - avec notamment Letterella ponctué d'interventions des deux chanteuses.
La troisième partie "Entrelacement" est une magnifique création commune se terminant par un morceau évoquant la symbolique de la fougère qui repousse après avoir été arrachée : "Tagliata, torna à spuntà, cum'hè a filetta".
Un spectacle très intelligemment mis en scène pour que les deux musiques, si différentes au départ, fusionnent d'une manière tout à fait bouleversante. Une musique inouïe au sens premier du terme, d'un accès pas toujours facile mais qui a enthousiasmé l'ensemble du public.

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mardi21h30

A 21h30 A Filetta nous régale de deux chants, L'Orme sanguigne en hommage à Philippe-Jean Catinchi récemment disparu, et U Sipolcru. Si la perfection n'existe pas, les chanteurs d'A Filetta l'ont approchée de très près ce soir.

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Présentation

BARZAZ "C’est An Den Kozh Dall (le vieil aveugle) qui m’accueillit en Bretagne : cet album de Barzaz guida mes premiers pas sur cette terre et sur les chemins de cette langue que je ne quitterai plus. Yann-Fañch Kemener, ses quatre compagnons et leur Den Kozh Dall ont peuplé mes soirées de solitude, ils m’ont appris à voir ce que je ne voyais pas encore, à écouter ce que je n’entendais pas encore…"
Youenn Lange
Barzaz fut révélé au public breton en 1989, avec la sortie d'un disque qui reste un enregistrement marquant des années 80/90 en Bretagne. Ce premier CD - Ec'honder - faisait référence à l'espace, autant pour le fond (choix des textes et références à des genres musicaux parfois extra-européens) que pour la forme (choix sonores et techniques). Le chant hypnotique de Yann-Fañch Kemener y était entouré de trames musicales particulières et le concept ainsi développé fut unanimement salué par la critique, en Bretagne et au delà.
En 1992, le groupe sort son deuxième album, An Den Kozh Dall, confirmant la personnalité du groupe et affirmant son succès auprès du public. Au cours de cette décennie, Barzaz effectue plusieurs tournées de concerts en Bretagne, en France et à l'étranger jusqu'en 1997. Une seconde période créative débute en 2013, année de reformation du groupe interrompue par le décès de Yann-Fañch Kemener en 2019.
En Juin 2022, les musiciens de Barzaz décident d'inviter en concert le chanteur Youenn Lange afin de rendre hommage à Yann-Fañch en réinterprétant une sélection de son immense répertoire (gwerzioù, sonioù ha tonioù-dañs). Suite au succès de ces concerts et deux ans après avoir débuté cette nouvelle aventure avec le chanteur Youenn Lange, le groupe exprime l'envie de graver cette expérience. War al leurenn est donc enregistré en public au mois de mai 2024, lors d'un concert du groupe à l'Espace du Champ de Foire (Plabennec). Ce nouvel opus tout nouvellement paru au mois de mai 2025 est un double-album présentant 15 titres réarrangés pour 1h30 d'un concert mémorable avec un invité surprise.

Youenn Lange - Chant
Jean-Michel Veillon - Flûtes
Gilles Le Bigot - Guitares
Alain Genty - Basse fretless
David ‘Hopi’ Hopkins - Percussions

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Le compte-rendu de L'Invitu :

Le groupe breton Barzaz ("Les bardes") composé de Youenn Lange: chant, Jean-Michel Veillon : flûte traversière en bois, Gilles Le Bigot : guitare, Alain Genty : basse fretless, David Hopkins : percussions entre en scène. Un premier morceau An Den Kozh Dall (Le vieil aveugle) et nous voilà en Bretagne avec ces excellents musiciens; ils revisitent le répertoire sur les thèmes souvent dramatiques des gwerz (infanticide, viol, naufrage...) avec grand talent. En bref, une excellente soirée !

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Mercredi 16 septembre

mercredi11h

Présentation

De quel bois est fait un violoncelle ?
Combien de millions d’euros peut valoir un violon Stradivarius ?
Quel est le secret de son vernis ?
Quel lien peut-il y avoir entre la résine de mélèze et la quête de l’au-delà ?
Un concert, un atelier, une pièce de théâtre, une expérience immersive : la lutherie devient ici une métaphore de la création, de la matière à la musique.
Au fil du spectacle, le public découvre les secrets et les gestes de cet artisanat séculaire. Des pièces d’instruments en cours de fabrication et des outils du métier — gouges, rabots et autres instruments parfois à peine plus grands qu’un ongle — passent de main en main. Entre les morceaux, interprétés sur un violoncelle fabriqué par ses soins, Nicola Segatta partage anecdotes, découvertes et histoires liées à son métier. On apprend à écouter le son du fond d’un violoncelle, à mesurer au dixième de millimètre une table d’harmonie, à reconnaître les parfums de térébenthine vénitienne et de myrrhe, l’odeur singulière de la colle d’os de lapin, à toucher de la peau de requin — le papier de verre du XVIII? siècle — et même à tenir une âme entre ses doigts. Nicola Segatta
Compositeur, violoncelliste, luthier et auteur, Nicola Segatta est un artiste au parcours particulièrement singulier. Diplômé de l’Institut de lutherie Antonio Stradivari de Crémone, il se perfectionne auprès de plusieurs grands maîtres italiens et européens avant de se consacrer à la fabrication de violoncelles, parallèlement à son activité musicale. Compositeur autodidacte, il développe un univers à la croisée des musiques classique, populaire et improvisée, et compose également pour le théâtre, le cinéma, la danse et le cirque. Il a collaboré avec des artistes tels que Giovanni Sollima, Avi Avital, Roby Lakatos, Geoff Westley, Dimitri Psonis et A Filetta. Ses œuvres ont notamment été présentées au Konzerthaus de Vienne, à la Phoenix Hall d’Osaka et à la Pierre Boulez Saal de Berlin. En 2025, il crée Dal legno al suono, spectacle qui prolonge cette rencontre entre ses différents savoir-faire. Il est également l’auteur de Di suoni, di legni e di tempeste, paru en 2026 aux éditions Terre di Mezzo.

Le compte-rendu de L'Invitu :

A 11 h, Nicola Segatta, luthier et compositeur, nous fait découvrir son univers et son histoire. À la fois concert, atelier et expérience immersive, Dal legno al suono nous plonge dans l’univers fascinant de la lutherie.
Le spectacle, qui mêle monologue théâtral, performance musicale et narration, met en scène le processus fascinant de création d’un instrument de musique ; outils, bois, gestes et matières se mêlent à la musique. Nicola fait circuler les bois utilisés pour fabriquer un violoncelle : épicéa, ébène, les composantes des vernis et des colles utilisés ; huile de lin, résine de pin, myrrhe...
A partir de l'évocation de ses deux grand-pères, l'un violoniste, l'autre luthier, il évoque sa scolarité à Crémone, ses rencontres. S'accompagnant sur un violoncelle et une guitare fabriqués de ses mains, chantant en russe, en italien, en français ou en anglais, Nicola nous emmène dans un voyage évoquant la forêt, le bois et la quête d’éternité inhérente au lent travail du luthier, qui devient une métaphore de la construction de soi. Fascinant !

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mercredi18h

Présentation

JOSE SANCHEZ & ALBERTO GARCIA
Le flamenco, empreint de manière imperceptible par la musique baroque, y trouve une part de sa genèse. Ces deux univers partagent un même continuum musical et un goût commun pour la répétition, l’ostinato.
José Sanchez et Alberto Garcia partent à la découverte de cette connexion, à la fois évidente et improbable. Reflets est une recherche de pièces baroques susceptibles d’entrer en résonance avec le flamenco, articulée autour de plusieurs axes. Amener le flamenco vers le baroque, en faisant chanter la voix écrite ou en faisant interpréter par la voix la partie d’un instrument soliste. Faire entrer le baroque dans le flamenco, en composant des variations à partir des outils et des codes du flamenco sur des ostinatos baroques.
Portés par un même désir de liberté et nourris des multiples univers musicaux traversés au cours de leurs parcours, les deux artistes ne se limitent pas aux frontières du flamenco. Ils interrogent la tradition, jouent avec les codes et repoussent les limites pour dessiner des chemins inexplorés. Ils créent ainsi une architecture musicale où les phrases, les styles, les couleurs sonores et les rythmes se répondent, se superposent et s’entremêlent, faisant naître une atmosphère oscillant entre transe et mélancolie. De cette rencontre émerge un flamenco recomposé, qui n’est finalement que le reflet de leurs propres univers.

José Sanchez - Guitare et théorbe
José Sanchez est un guitariste flamenco et théorbiste au parcours singulier, à la croisée des traditions flamenca et baroque. Issu de la culture flamenca et formé plusieurs années à Grenade auprès d’Emilio Maya, il s’impose comme une référence de la guitare flamenca avant de se tourner vers le théorbe, convaincu des affinités profondes entre ces deux univers. Il transpose sur cet instrument à quatorze cordes sa virtuosité et son langage flamenco, ouvrant ainsi un dialogue inédit entre les deux traditions. Invité notamment par la Geneva Camerata de David Greilsammer et l’Orchestre de Chambre de Toulouse, il collabore avec de nombreux artistes de la scène classique, baroque et flamenca. Pour le chanteur Alberto Garcia, il adapte notamment des œuvres de Bach, Vivaldi et Purcell. Compositeur, il développe également des collaborations avec des artistes issus d’autres disciplines, parmi lesquels le chanteur Niño de Elche, le metteur en scène Aurélien Bory et la chorégraphe Stéphanie Fuster. En 2023, il compose et interprète Sonate/Concerto en 37 1/2, création de la chorégraphe Ana Pérez. Sa carrière l’amène aujourd’hui à se produire dans toute l’Europe et en Asie, avec un travail fondé sur la rencontre et le décloisonnement des esthétiques musicales.

Alberto Garcia - Chant et percussions
Alberto Garcia compte parmi les grandes voix du flamenco en France. Depuis ses débuts professionnels en 1997, il s’est produit sur les plus grandes scènes et dans de nombreux festivals, collaborant aussi bien avec des figures majeures du flamenco espagnol qu’avec des artistes issus de la musique classique, du jazz, de la danse et du théâtre. Son parcours est marqué par une grande ouverture artistique : il a notamment travaillé avec des artistes tels que Vicente Pradal, Aurélien Bory, Alexandre Tharaud, Louis Winsberg, Niño Josele ou encore Pierre Bertrand. Avec Alexandre Tharaud, il crée notamment le projet Scarlatti / Chant flamenco, qui met en regard la musique de Domenico Scarlatti et le chant flamenco. Il participe également à la création de questcequetudeviens? d’Aurélien Bory, spectacle présenté en France et à l’international, notamment au Barbican de Londres, où il est nommé aux Olivier Awards. Sa voix l’a conduit à partager la scène avec de grandes figures du flamenco telles que Manuel Agujetas, El Cigala ou Mercedes Ruiz, mais aussi à explorer d’autres traditions musicales, notamment lors de collaborations avec des musiciens indiens. également pédagogue et auteur-interprète, il a enseigné le flamenco au Département des Musiques Traditionnelles de l’école Nationale de Musique de Villeurbanne et a participé à plusieurs projets de transmission autour du chant flamenco.

Le compte-rendu de L'Invitu :

A 18h, José Sanchez (guitare) et Alberto Garcia (chant) nous présentent leur programme "Reflets". Y a t-il des liens entre la musique baroque et le flamenco ? José Sanchez et Alberto García répondent "oui" sans hésitation, et nous aussi.
Les deux hommes nous emmènent à la découverte de cette connexion improbable et pourtant évidente. Et nous sommes tout de suite envoûtés par la beauté de cette musique et par l'engagement du chanteur et du guitariste (qui utilise une guitare très particulière : sept cordes plus douze, comme un théorbe) et du chanteur.
S'inspirant notamment de Bach, le duo recompose un flamenco magnifique. Le summum du concert a sans doute été la version "flamenco" de la mort de Didon de Purcell, "When I'm laid in earth" devenant "Quando me pongo en la tierra" . Le morceau sera d'ailleurs demandé en bis par le public enthousiaste.

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mercredi21h30

Présentation

Caroline Shaw, lauréate du prix Pulitzer de musique, est une véritable star de la musique d’aujourd’hui. Aussi à l’aise dans la musique pop que le contemporain, la compositrice américaine navigue avec bonheur entre les genres. Créée en 2012, sa somptueuse Partita fait chanter huit voix a cappella de façon incroyablement surprenante, grâce à des techniques vocales venues du monde entier. Tout aussi virtuose, Gabriel Kahane est à la fois un grand chanteur folk et un compositeur qui rend hommage dans ses Elevator Songs aux (extraordinaires) solistes de l’ensemble Roomful of Teeth. Un splendide programme pour découvrir deux figures phares de la nouvelle musique américaine.

Le compte-rendu de L'Invitu :

Le concert de 21h30 de l'octet américain Roomful of Teeth & Gabriel Kahane est introduit par deux chants d'A Filetta : une nouvelle création et E Lode di u sepolcru. Deux merveilles.
Pour une fois, le concert de ce soir aura suscité des réactions contrastées du public, les uns enthousiastes, les autres plus réservés.
Il faut dire que la musique de Caroline Shaw est très surprenante. Les trois parties (la quatrième partie sera jouée en rappel) de la Partita for 8 voices de Caroline Shaw font appel à pratiquement tous les styles et techniques vocales, chant de gorge, yodel, chant lyrique, souffle, chuchotements, chant diphonique... L'octet déploie une virtuosité rythmique et une énergie chorale irrésistible, mais l'on est loin de l'émotion ressentie précédemment avec José Sanchez et Alberto Garcia.
Les Elevator Songs de Gabriel Kahane sont plus traditionnels. Le titre et le thème - un ascenseur dans un hôtel imaginaire et multidimensionnel - évoquent immédiatement Escalator over the Hill de Carla Bley, mais aussi les compositions de Michael Mantler sur des textes de Beckett. A chaque changement d'étage annoncé par le vibraphone/ascenseur, chacun des chanteurs/clients de l'hôtel est appelé à chanter dans un registre inhabituel pour lui, accompagné par un alto, un vibraphone, un piano ou une guitare basse. Les non-anglophones auraient aimé avoir une traduction simultanée pour comprendre ce qui se passe dans cet hôtel.
À l'iniziu c'era a voce ? Ce soir nous aurons entendu tout un éventail de ce que la voix humaine peut produire.

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Jeudi 17 septembre

jeudi11h

Présentation

ECOUTE PUBLIQUE D’ARCHIVES SONORES DE LA PHONOTHEQUE DU MUSEE DE LA CORSE
Dans le cadre des Rencontres de Chants Polyphoniques, une séance exceptionnelle d'écoute publique vous est proposée par Damien Delgrossi, en collaboration avec la phonothèque du Musée de la Corse.
Une immersion inédite dans la mémoire musicale de l’île, entre tradition, émotion et transmission.

Le compte-rendu de L'Invitu :

A 11h, séance d'écoute publique animée par Damien Delgrossi et Dominique Bianconi, en collaboration avec la phonothèque du Musée de la Corse. A travers des enregistrements collectés en Balagne (Calvi, Zilia, Speluncatu, Felicetu) depuis 1949, nous découvrons la diversité du chant corse et son évolution jusqu'à nos jours,. Les conférenciers s'accordent à souligner l'importance de Roccu Mambrini, poète et chanteur originaire de Zilia et auteur des paroles du Lamentu à Ghjesù, considéré aujourd'hui comme un chant traditionnel.
Et l'on se rend compte que les catégories que l'on considérait comme définitives ne résistent pas à l'épreuve des faits : monodies utilisées en chjami è rispondi, lamenti chantés par des hommes, femmes chantant la paghjella (qui d'ailleurs ne se cantonne pas au centre de la Corse, etc...)
Quel sera l'avenir du chant corse ? Nous arrivons à une période charnière où, avec la disparition des derniers chanteurs traditionnels, les collectages ne se feront plus désormais qu'à travers l'industrie phonographique.
Une conclusion mi optimiste mi pessimiste, mais il faut souligner la richesse de la production corse, un cas unique en Europe.

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jeudi18h

Présentation

HUMANOPHONES

Avec Antropus, Humanophones invente une pop organique et novatrice, entièrement produite par le corps. Sept interprètes mêlent percussions corporelles, voix et mouvements pour créer une musique aux accents funk, new soul et tribaux, aussi puissante que jubilatoire.
Claquement de langues, frappes de pieds, frottements, voix, souffles et onomatopées composent un univers sonore et visuel sans frontières. Entre transe urbaine et rituel contemporain, le corps redevient l’instrument premier et les voix deviennent un langage universel, instinctif, qui dépasse les mots.
Mais derrière l’énergie et la virtuosité, Antropus questionne notre époque et notre rapport au monde. À travers des tableaux burlesques, poétiques et décalés, le spectacle explore le scrolling et la quête de plaisir immédiat, le réchauffement climatique, la disparition du vivant ou encore les dérives de notre modèle de société.
Dans le contexte de l'Anthropocène, sept hominidés nous entraînent dans une odyssée sonore et visuelle qui interroge nos contradictions : comment prendre conscience de notre impact tout en continuant à avancer ? Quelles valeurs choisir pour ne pas dériver ?
Sans jamais moraliser, Antropus invite à l’éveil, à la vigilance collective et à la recherche de solutions, en célébrant ce que l’humanité a de plus précieux : sa capacité à imaginer, créer et transformer.

Le compte-rendu de L'Invitu :

A 18 h se produit l'ensemble Humanophones. La musique de ce groupe composé de 7 membres est exclusivement produite par le corps (battements de mains et de pieds, beat box et chant). Cette musique colorée de soul et de funk évoque des images poétiques sur des textes engagés autour de l'écologie et de la folie de notre mode de vie destructeur du vivant.
Deux excellentes chanteuses, une présence scénique exubérante, un concert stimulant ! Le concert a commencé en retard mais les Humanophones, en accord avec le public, ont décidé de le prolonger dans un long rappel.

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jeudi21h30

Présentation

MALIHEH MORADI, KIYA TABASSIAN & HAMIN HONARI

Pour cette nouvelle création de Constantinople, un dialogue exceptionnel entre Kiya Tabassian et la chanteuse Maliheh Moradi nous entraîne au cœur de la riche civilisation iranienne. Figure marquante de la nouvelle génération artistique, Maliheh Moradi a quitté l’Iran il y a quelques années pour poursuivre librement son parcours artistique. Héritière d’une tradition vocale parmi les plus raffinées au monde, elle déploie une voix d’une grande beauté, d’une profonde intensité et d’une maîtrise remarquable. Elle s’impose aujourd’hui comme l’une des voix féminines les plus prometteuses de la scène iranienne. « La Voix de l’Aube » révèle la richesse, la poésie et la sophistication d’un art musical façonné au fil des siècles et met en regard les trésors de la musique persane et les créations de Kiya Tabassian. Plus qu’un concert, cette rencontre célèbre la liberté créatrice, la transmission et la résilience. Elle met en lumière la place essentielle de la voix féminine dans la culture iranienne contemporaine et rappelle la force de l’art lorsqu’il devient espace d’expression, de mémoire et d’espoir.
Un voyage musical d’une grande intensité, porté par l’une des plus belles voix de l’Iran d’aujourd’hui.
Ce projet est soutenu par le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Le compte-rendu de L'Invitu :

Le soir, après le groove du concert précédent, retour au calme avec les deux morceaux d'A Filetta, In ogni addiu et Stabat Mater, merveilleux de douceur. Un moment d'extase...

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Kiya Tabassian, que les Rencontres ont accueilli plusieurs fois dans des contextes différents (avec Ablaye Cissoko, Marco Beasley, Ghalia Benali et bien sûr A Filetta), accompagne ce soir au setar, avec le percussionniste Hamin Honari ,la grande chanteuse iranienne Maliheh Moradi.
En introduction Kiya rappelle que depuis 1979, les femmes iraniennes se retrouvent complètement exclues de la scène.
Le concert de ce soir - une avant-première - est une longue suite ininterrompue de chants persans dans lequels Maliheh Moradi déploie l'étendue de son registre vocal. On est transporté, envôuté.
Ce jeudi soir, nous sommes nombreux à penser que nous sommes vraiment très chanceux de vivre ces Rencontres. Et, comble de bonheur, nous avons pu acheter en avant-première le CD "Clair-Obscur" d'A Filetta avec Constantinople. Malheureusement, faute de lecteur CD sur place, nous devrons attendre un peu pour le découvrir (et le chroniquer).

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Vendredi 18 septembre

vendredi11h

Présentation

Salon de musique de Franck Tenaille : Les musiques des routes de la soie

SALON DE MUSIQUE - FRANK TENAILLE

Tout au long d’une histoire fantastique, les routes dites de la soie, connexions entre Orient et Occident, ont suscité fantasmes et mythes. Elles furent empruntées par des marchands, des diplomates, des pèlerins, des voyageurs, mais aussi par des musiciens. Et au long de cet écheveau de voies, jalonnées de caravansérails et de villes-carrefours mythiques comme Chang’an/ Xian, Samarcande, Boukhara, Kashgar, Constantinople / Byzance, se sont échangées répertoires, modes musicaux , rythmes, des mondes arabe, turc, perse, indien ou chinois. Ce sont ces trocs millénaires qu’évoquera Frank Tenaille, illustrés d’extraits musicaux.
Frank Tenaille
Natif du pays de Boby Lapointe, journaliste depuis les années 70, d’abord de geo-politique internationale puis de cultures et musiques du monde (Droit de Réponse, Libération, Nouvel Observateur, Le Monde de la Musique, La Quinzaine Littéraire), il a été rédacteur en chef de plusieurs journaux dont le mensuel culturel pan-sudiste César.
Il est l’auteur d’ouvrages dont : Les 56 Afriques (Editions Maspero) ; Guy Bedos, Histoire d’un rire (Seghers) ; Le Roman de Coluche (Laffont) ; Le Printemps de Bourges, histoire des musiques d’aujourd’hui (Gallimard) ; Sans Visa, Le guide des musiques de l’espace francophone et du monde (Editions Zone Franche) ; Le libre parcours d’Eve Griliquez (Editions du Layeur) ; Chant et polyphonies corses (Editions du Layeur) ; Le Swing du caméléon, panorama des musiques africaines (Actes Sud); Le Raï, entre bâtardise et reconnaissance (Actes Sud / Cité de la musique) ; Musafrica, Portraits de la musique africaine (Editions du Layeur) ; Musiques sans visa : Les 20 ans du festival de Saint-Nazaire ; Musiques et chants en Occitanie (Editions du Layeur) ; Coluche, même pas mort (Calmann-Levy) ; Le Cabaret sauvage: Vingt ans d’un lieu ouvert au monde (Editions du Layeur).
Membre fondateur et ex-président de Zone Franche (le réseau des musiques du monde), il fut programmateur artistique dans divers festivals dont Equinoxes, Nuits blanches pour la musique noire, Le Printemps des Comédiens, Radio-France Montpellier.
Directeur artistique du Chantier (Centre de création des musiques du monde), il est membre de l’Académie Charles Cros.

Le compte-rendu de L'Invitu :

Retour sur le bel hommage rendu à Philippe-Jean Catinchi dans le n°3 de la Gazette, avec un très beau texte de Franck Tenaille.
Pour la petite histoire, nous avons bien ri en découvrant les plaisanteries des dessinateurs autour de ses légendaires pantacourts, car entre nous nous les avions baptisés "des philippejean".

A 11 h Franck Tenaille nous emmène sur les routes de la soie.
Un exposé passionnant qui fait découvrir comment tout au long des siècles les différentes cultures ont interréagi. De Chang'an en Chine à Constantinople en Chine en passant par la Perse, le Kazakhstan Samarcande et le Cachemire, Les idées, les religions, les arts, la musique ont voyagé en même temps que les commerçants. Passionnant comme d'habitude.

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vendredi18h

Présentation

SÉAMUS & CAOIMHE Issus d’une lignée de musiciens profondément enracinée dans le Connemara, Séamus et Caoimhe Uí Fhlatharta incarnent une nouvelle génération d’artistes attachés à la richesse de la tradition irlandaise.
Originaires d’An Áird Mhóir, au cœur de la région Gaeltacht du comté de Galway, ils se distinguent notamment par leur maîtrise du sean-nós, cet art vocal traditionnel gaélique interprété a cappella, ainsi que par des arrangements personnels de chansons irlandaises et anglaises.
Séamus, au chant, à la harpe et au bodhrán, et Caoimhe, au chant et au violon, font dialoguer leurs voix dans une complicité fraternelle particulièrement singulière. Multi-instrumentistes et danseurs irlandais, tous deux primés aux All-Ireland Championships, ils font vivre leur héritage culturel avec une énergie communicative, en faisant de la langue et de la musique irlandaises le cœur de leur démarche artistique. Leur univers, à la fois intime et vibrant, fait naturellement dialoguer mémoire et création contemporaine. Paru en 2023, leur album éponyme est le fruit d’une collaboration avec Brian Whelan et Bill Whelan, compositeur emblématique de Riverdance.
Enregistré au studio The Fort, à Roundstone, dans le Connemara, il révèle un son à la fois authentique et actuel, où la force des mélodies traditionnelles se mêle à des arrangements subtils et personnels.
Séamus Uí Fhlatharta - Chant, bodhran, harpe
Caoimhe Uí Fhlatharta - Chant, violon

Le compte-rendu de L'Invitu :

Le 18h était Irlandais avec Séamus et Caoimhe Uí Fhlatharta, un frère et sa soeur reconnus pour leur chant sean nós (interprétation vocale traditionnelle irlandaise sans accompagnement) et leurs arrangements uniques de chansons irlandaises et anglaises. Séamus joue de la harpe, de la flûte et danse, sa soeur joue du violon, de l'orgue et de la flûte. Certains morceaux sont chantés a capella, d'autres accompagnés par les battements de pieds.
Les deux voix se mêlent très subtilement sur des mélodies tantôt très douces tantôt très dansantes, avec un intermède très virtuose aux petites flûtes irlandaises. Un beau concert.

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vendredi21h30

Présentation

A FILETTA : L'ante nove
La musique d’A Filetta est une traversée... On pourrait dire qu’il s’agit d’une proposition vocale polyphonique contemporaine, issue d’une puissante tradition orale.
C’est en 1978 que de très jeunes gens, mus par une volonté farouche de contribuer à la sauvegarde d’un patrimoine oral en plein déclin - se sont mis en route... et leur route aura été longue, parfois sinueuse mais jalonnée de découvertes et de rencontres exceptionnelles. Les chanteurs avouent d’ailleurs volontiers que « la rencontre » est inscrite dans leur ADN musical. C’est ce qui explique qu’ils n’aient pas voulu circonscrire leur voyage au périmètre de leurs racines : poussés par les rivages d’une tradition reçue en héritage, ils se sont très vite ouverts à d’autres : autres territoires, autres disciplines, autres artistes (interprètes, compositeurs, metteurs en scène, chorégraphes).
Le répertoire aujourd’hui proposé, est un fidèle reflet de ce qu’est, depuis le début des années 80, sa marche en avant : une trajectoire esquissant un mouvement initié dans une oralité séculaire et s’affirmant dans les méandres d’une écriture décomplexée et affranchie de toute obligation filiale ; s’y côtoient des chants sacrés ou profanes aux influences diverses, des musiques de film de Bruno Coulais, des compositions pour des chorégraphies de Sidi Larbi Cherkaoui, des extraits des chœurs vocaux d’œuvres de la mythologie grecque ou latine ou encore des pièces issues d’un requiem commandé par le festival de Saint-Denis.
Une musique au service d’une vision du monde rejetant sans ambiguïté tout repli identitaire et dont la philosophie pourrait se résumer à ce bel aphorisme de René Char : « Les plus pures récoltes sont semées dans un sol qui n’existe pas ; elles éliminent la gratitude et ne doivent qu’au printemps ».
Voix - Jean-Claude Acquaviva, François Aragni, Jean-Do Bianco, Petr’Antò Casta, Paul Giansily, Jean-Vincent Servetto, Maxime Vuillamier

Le compte-rendu de L'Invitu :

Ce vendredi restera comme une soirée marquée par l'émotion. Tout d'abord François Canava et Jean-Claude Acquaviva rendent un hommage ému à Philippe-Jean Catinchi, et également à Stéphane Casalta décédé il y a un peu plus d'un an, ainsi qu'à Chloé Aldrovandi, une étudiante de 18 ans, abattue par balles en février 2025 à Ponte-Leccia.
Emotion encore quand Jean-Claude lance un vibrant appel à la paix et à la concorde dans la justice.
Emotion musicale ensuite. Nous qui suivons A Filetta depuis plus de trente ans, pourrions être blasés. Et c'est tout le contraire : nous sommes à chaque concert émerveillés par tant de maîtrise technique au service d'une émotion intense. Ce soir encore le concert a été un enchantement de tous les instants, culminant avec un Lamentu à Ghjesù bouleversant qui a fait couler les larmes de nombreux spectateurs.
Avant cela, les sept chanteurs nous avaient régalé avec (pas forcément dans cet ordre) : Kyrie, Lacrimosa, Sub Tuum, Requiem , deux chants sur des textes de Pessoa : Ruvine sò et E chjarine de l'angoscia, Benedictus, Bon ghjornu Madamicella, Si more a cità (Oedipe Roi), deux extraits de Don Juan, Bon anniversaire (Le Libertin) , Norbu , La colère de Karma (Himalaya, l'enfance d'un chef) et La folie du cardinal. On quitte le concert dans un état second, le cœur plein d'amour.

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Samedi 19 septembre

samedi11h

Présentation

ROSELA LIBERTAD

Rosela Libertad, chanteuse et guitariste originaire d’Argentine et aujourd’hui installée en Corse, puise son inspiration dans les musiques de la llanura argentine — milongas, estilos, zambas, valses et tangos — qui constituent le cœur de son répertoire. Avec pour seul accompagnement sa guitare et sa voix, elle propose un voyage musical au cœur de l’Amérique latine.

Dans Alegoría Argentina, Rosela traverse les vastes paysages musicaux de son pays, façonnés par les rencontres entre traditions populaires, héritages culturels et histoires d’immigration. Elle y fait entendre des chants intemporels, où se mêlent la mémoire de l’Argentine et une ouverture vers les cultures musicales du monde. Sa voix, à la fois profonde, lumineuse et expressive, crée une relation intime et directe avec le public.

Installée en France depuis 2021, elle a développé de nombreuses collaborations, notamment avec Stéphane Casalta, avec lequel elle a participé à plusieurs projets : le duo Magicanima, Canti a Lucendiluna avec la chorale Armoniosoincanto de Pérouse, l’album Animantiga ainsi que Dì u mare, spectacle mêlant chants et poésie de Méditerranée.

Son parcours l’a conduite à se produire dans des rendez-vous tels que le World Music Festival de Sassari, les Rencontres Polyphoniques de Calvi, Festivoce et Les Suds, à Arles, ainsi qu’à partager la scène avec le pianiste et compositeur Oscar Del Barba. à travers ses interprétations, Rosela Libertad fait dialoguer les cultures argentine et méditerranéenn, dans un univers musical à la fois authentique, généreux et profondément humain.

Le compte-rendu de L'Invitu :

C'est comme chaque année dans l'église Sainte Marie de Calvi que se donne le concert matinal du samedi. Là encore, ce sera un concert empreint d'une forte émotion.
Dès le premier morceau nous sommes sous le charme de la pureté et de la justesse de la voix de Rosela Libertad, avec notamment une composition de Carlos Gardel.
La deuxième partie du concert est dédiée à trois personnes qui ont beaucoup compté dans la vie de Rosela : un premier morceau est dédié à son père ;
le second morceau à René Favaloro, célèbre chirurgien argentin ayant mis au point la technique du pontage aorto-coronarien (qu'il refusera de breveter pour qu'elle puisse bénéficier gratuitement à tous). Le 29 juillet 2000, il met fin à ses jours par désespoir face à la corruption et à l'effondrement économique de son pays mettant en péril sa Fondation.
Le troisième morceau, le plus émouvant, est dédié à Stéphane Casalta, et le concert s'achève par l'Ave Maria de Gounod chanté a capella.
Nous sommes sortis bouleversés de ce très beau concert.

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samedi18h

Présentation

MICROLOGUS - Dir. : PATRIZIA BOVI

Saint François d’Assise célèbre toutes les créatures et tous les éléments — la terre, l’eau, l’air et le feu — dans son célèbre Cantique des créatures, composé en 1225. Considéré comme le premier grand texte en langue vernaculaire italienne transmis dans son intégralité, le Cantique de Frère Soleil avait été conçu pour être chanté. Un manuscrit du XIIIe siècle, conservé à la Bibliothèque du Sacro Convento d’Assise, en porte notamment les premiers vers et laisse apparaître l’espace prévu pour une ligne mélodique, jamais notée. Ce programme propose pour la première fois une reconstitution musicale du Cantique des créatures, fondée sur une nouvelle lecture de ses sources les plus anciennes et sur la tradition liturgique que Saint François et ses frères avaient l’habitude de chanter. Dans sa Legenda maior, Saint Bonaventure rapporte d’ailleurs que Saint François invitait les créatures à louer Dieu « à la manière du prophète David », c’est-à-dire sous une forme psalmodique.

Le parcours se poursuit avec Hildegarde de Bingen (1098-1179), mystique, abbesse et compositrice allemande, dont l’œuvre témoigne d’une connaissance remarquable du monde naturel. Dans ses écrits consacrés aux créatures, elle explore les règnes végétal, animal et minéral, au sein d’un univers pensé comme un équilibre entre les quatre éléments. Ses visions, sa pensée philosophique et ses compositions musicales, parmi les chefs-d’œuvre de la musique médiévale, révèlent une conception profondément spirituelle et sensible du vivant.

à la fin du XVe siècle, le théologien Raymond de Sabunde consacre lui aussi son Liber Creaturarum — le Livre des créatures — à la nature comme première révélation du divin. Pour lui, le « livre de la nature », œuvre de Dieu et impossible à falsifier, permet à l’être humain de mieux comprendre le monde, de se connaître lui-même et d’approcher la connaissance de Dieu.

à travers ces trois figures majeures de la pensée médiévale, Francesco, La natura e il divino interroge ainsi le lien qui unit l’être humain à la nature et à l’ensemble du vivant. Une réflexion qui trouve un écho contemporain dans l’encyclique Laudato si’ du Pape François, qui appelait à prendre soin de notre « maison commune » et à repenser notre relation au monde qui nous entoure.

Micrologus
Patrizia Bovi - Voix, harpe, trompette naturelle
Federica Bocchini - Voix, cymbales
Enea Sorini - Voix, cistre, percussions
Goffredo Degli Esposti - Cornemuse, flûte et tambour, double flûte
Gabriele Russo - Vièle, rebec, lyre, trompette naturelle
Matteo Nardella - Chalemie, cornemuse

Le compte-rendu de L'Invitu :

Nous nous attendions à un concert un peu austère, il n'en a rien été ; la musique proposée par Patrizia Bovi et son Ensemble Micrologus - une reconstruction musicale fondée sur les liturgies de l'époque de Saint François d'Assise - était très gaie et très belle, avec notamment un joyeux chant du Laudario di Cortona (XIIIe siècle), Sia laudeato San Francesco. Trois belles voix - Patrizia, Federica Bocchini et Enea Sorini, des musiciens excellents, un instrumentarium étonnant (cornemuse, chalemie, vièle, rebec, flûtes et deux étonnantes trompettes naturelles), tout cela pour produire un excellent concert sur une thématique très actuelle : le lien entre l’être humain et l’ensemble du vivant. Le poverello d'Assise, premier écologiste de l'Histoire ?

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samedi21h30

21h30 : les Calusgiule scintillent une dernière fois avant de s'éteindre. Du haut des gradins, A Filetta chante Letterella avant de rejoindre la scène.
Vont se succéder Nicola Segatta, Maliheh Moradi et Hamin Honari, Seamus & Caoimhe depuis une loge, Micrologus et enfin A Filetta pour deux morceaux, le Chant des prétendants d'Ulysse ("L'acqua hè paziente, noi nó)" et La folie du cardinal du Libertin.

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C'est enfin la chanteuse d'origine vénézuélienne Rebecca Roger Cruz qui assure la fin de ces Rencontres. Accompagnée par un violoniste, une contrebassiste, une violoncelliste et une percussionniste, Rebecca a donné une fin joyeuse et rythmée à ces 38èmes Rencontres.

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Nous éprouvons toujours un léger sentiment de frustation après le final, car nous aimerions voir davantage les invités des Rencontres tout en ayant également le concert complet d'un artiste. De même, vaut-il mieux passer d'abord les invités ou l'artiste ? La réponse n'est pas évidente. Dans mon souvenir, le final se terminait plus tard. Je me souviens notamment du Cór de la Plana qui avait fait danser la Place d'Armes. Mais la mémoire peut être trompeuse..

*   *   *

bracelets

Et voilà, c'est fini... On quitte à regret le hall de la Salle de spectacle (devenu tout au long de la semaine un formidable lieu d'échanges et d'amitié). Un sentiment mêlé de bonheur et de tristesse. Mais nous nous retrouverons certainement dans un an, s'è Diu vole...

La salle de spectacle :

salle

Les dessinateurs

Quatorzième année de présence de la joyeuse équipe des dessinateurs de presse !

La Gazette

Sous la houlette de Serena, la "Gazette du polyphone" est devenue une institution. Disponible chaque jour à la boutique et distribuée dans le hall de la salle, on y trouve les meilleurs croquis des dessinateurs, le texte de François Canava, et le petit billet ("La rubrique") du rédacteur de ces lignes (un bref condensé "à chaud" du journal que vous pouvez lire ci-dessus).
Chacun des cinq numéros de la Gazette pourra être téléchargé en pdf à sur le site des Rencontres : https://www.rencontrespolyphoniques.com/gazette

Le texte de Franck Tenaille :

La 38 ème édition des Polyphonies de Calvi vient de se conclure avec succès. Derrière A Filetta et la très active association U Svegliu Calvese, s'est déployé un arc-en-ciel de propositions venant de Corée, Bretagne, Etats-Unis, Iran, Italie, Irlande, Argentine, Corse, de la musique baroque mariée au flamenco, de la pop alternative et corporelle, de musique médiévale, du chant sean nos, du radif, ou de la paghiella, etc. Seule ombre au tableau l'absence d'un acteur clé de ses rencontres, l'historien-journaliste Philippe Jean Catinchi, décédé au mois de juillet.
PHILIPPE-JEAN CATINCHI : UNE VOIX POLYPHONIQUE
Un dessin de Batti l’avait parfaitement résumé qui le montrait volubile, animé dans son dos par les fameuses piles Duracell. Philippe-Jean, c’était cela : une parole prolixe, une curiosité insatiable, une énergie vibrionnante. L’homme aurait été saoulant s’il n’avait été passionnant, singulier, et donc bougrement original. Car cette personnalité était un faisceau d’érudition qui se voulait partageuse, incitant l’autre à la découverte, à l’esprit critique, à l’éducation du goût. Historien de formation (avec une filiation avec Philippe Ariès et Robert Mandrou, les pères de l’Histoire des mentalités), enseignant, critique littéraire au Monde depuis 1994, il avait mis ses aptitudes au service d’un décorsetage des idées, des systèmes de pensées et d’une mémoire qui ne serait pas muséale.
Pour ma part, j’ai d’abord connu Philippe-Jean à cause d’un écrivain occitan que nous fréquentions : Max Rouquette (1908-2005) dont le nom fut évoqué pour un Prix Nobel de Littérature. Philippe-Jean, par dépit de ne pouvoir apprendre la langue corse familiale dans son lycée lyonnais, en était venu à s’intéresser à l’Occitanie par le biais de cours d’occitan. Et c’est ainsi que dans son Olympe littéraire, l’auteur de cette œuvre panthéiste qu’est Vert Paradis voisinera avec Marguerite Yourcenar, Vladimir Nabokov ou Italo Calvino. Un quatuor qui cadastrait sa psyché. Ces quatre orfèvres d’écritures charnelles ayant en commun un rapport au mythe, à la figure de l’exil (géographique, politique ou linguistique), à la mémoire, outre des sensibilités écologiques fortes.
On l’a vécu, notre hypermnésique était un personnage juvénile qu’attestaient ses fulgurances, ses enthousiasmes, sa passion si érudite pour la littérature jeunesse ou adolescente, ou son rôle de passeur sinon de parrain pour les nouveaux auteurs.
Fanfan la Tulipe, frondeur et un peu insaisissable, dont la pratique de l’escrime faisait écho à sa formation de médiéviste, il était issu d’une famille de musiciens du cap et vouait une passion profonde pour la Corse et sa culture (cf. son essai Polyphonies corses en 1999) et, à travers elles, pour les langues et cultures minorées. D’où ses implications insulaires multiples : Festival de BD Una Volta, Rencontres littéraire de Libri Mondi, Salon des éditeurs Leghje a Corsica ou ses chères Rencontres de chants polyphoniques. Un rendez-vous dont il était une voix polyphonique à lui tout seul, fidèle en cela à son cher Kurosawa dont il aimait à dire qu’il confrontait les récits divergents de ses personnages sur un même événement, pour déployer ses fictions chorales complexes. En cela, son legs le plus précieux au rendez-vous calvais, comme l’a souligné Jean-Claude Acquaviva, fut bien de « veiller à aider à combattre l’ignorance mère de toutes les dérives ». Et, par des temps peu cléments, ce n’était pas un luxe.
FRANK TENAILLE

Les tops

Difficile cette année de départager les concerts qui étaient tous d'une grande qualité. Ce seront les goûts personnels qui feront la différence. Pour ma part, mises à part toutes les interventions d'A Filetta "hors concours", ce sont Rosela Libertad, José Sanchez et Alberto Garcia ainsi que Kiya Tabassian et Maliheh Moradi qui m'ont fait le plus vibrer.
Mais le top des Rencontres, c'est chaque année l'extrême gentillesse de tous les bénévoles (je devrais écrire "toutes" car ce sont principalement des femmes !)

Les flops

Le seul flop de cette édition aura été l'absence de la belle plaquette qui présentait les spectacles.

Rendez-vous le 14 septembre 2027 (en fait très probablement le lundi 13 !) pour la XXXIXème édition qui se déroulera du 14 au 18 septembre 2027.

Les Rencontres dans la presse

Parlons-en, de la presse... Un article de Corse Matin, une brève de Stampa Paese, et c'est tout ! Il fut une époque où Corse Matin suivait les Rencontres quotidiennement...

à Calvi, les Rencontres de chants polyphoniques changent de décor pour une édition "un peu à part"

Par Hélène Musca - Publié le 14/09/26 par Corse Matin.

Jean-Claude Acquaviva, membre d'A Filetta, lors de la 37e édition des Rencontres de chants polyphoniques de Calvi le 19 septembre 2025.- Olivier Sanchez / Crystal Pictures

Du 15 au 19 septembre, le doyen des festivals de Corse revient à Calvi avec une programmation ouverte aux voix du monde entier. Une édition particulière puisque pour la première fois depuis sa création en 1989, les Rencontres quittent la citadelle en raison des travaux de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.

Depuis près de 40 ans, les Rencontres de chants polyphoniques font résonner dans Calvi des voix du monde entier. Né en 1989 sous l'impulsion de l'association U Svegliu Calvese et du groupe mythique A Filetta, le doyen des festivals de Corse revient enchanter la cité génoise du 15 au 19 septembre.

Comme chaque année, les spectateurs pourront découvrir des formations corses et internationales et voyager en musique jusqu'à des contrées lointaines : Corée, Iran, Irlande, états-Unis, Argentine, Vénézuela…

"L'ADN de notre festival reste le même : mettre à l'honneur la beauté et la diversité de chants polyphoniques du monde entier", souligne Dominique Bianconi, secrétaire d'U Svegliu. "Comme nous avons fait un tour assez exhaustif du chant traditionnel, on se renouvelle cette année avec des polyphonies contemporaines comme Roomful of Teeth et Gabriel Kahane ou les Humanophones."

"Quitter la citadelle nous serre le cœur"

Mais cette 38e édition s'annonce "un peu à part", confie Dominique Bianconi. Pour la première fois depuis sa création, le festival est contraint de quitter la citadelle de Calvi à la suite de travaux de rénovation de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, son cocon habituel.

"L'année dernière, une colonne s'est effondrée pendant un concert. Des travaux ont été réalisés, mais les contraintes d'accueil dans la cathédrale sont plus sévères : on ne peut plus dépasser les 200 personnes ni utiliser de sonorisation. ça ne pouvait pas marcher pour nous."

à l’exception de la chanteuse argentine Rosa Libertad, qui se produira à la cathédrale Sainte-Marie-Majeure, tous les concerts auront lieu dans la salle de spectacles de Calvi. "Même si nous savons que les artistes et les spectateurs seront accueillis dans des conditions vraiment optimales, quitter notre berceau dans la citadelle nous serre un peu le cœur. Ce lieu faisait partie de notre histoire et de notre identité."

Cet été, les organisateurs des Rencontres ont aussi perdu l'un des leurs : Philippe-Jean Catinchi, qui animait lors des éditions précédentes des moments d'échanges avant les concerts de 18 heures, est décédé brutalement au mois d'août.

Le groupe A Filetta lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux en saluant "un compagnon lumineux" : "Depuis 30 ans, il nous accompagnait en nous donnant de son temps et de ses idées. Lors des Rencontres de Calvi, il invitait les festivaliers à le suivre dans les méandres de son savoir et de son érudition… Des moments rares et d'une intensité peu commune ! Tu nous manques déjà."

Polyphonies corses et créations du monde entier

Malgré l'émotion et la délocalisation, la programmation garde toute sa splendeur pour emmener le public à travers les chants du monde. Mardi 15 septembre, les festivités démarreront avec une rencontre audacieuse entre la Corse et la Corée grâce à une création d'A Filetta et Liquid Sound à 18 heures. Le public ira ensuite naviguer du côté des rives bretonnes avec la formation mythique Barzaz.

Le mercredi 16 septembre, le violoncelle italien de Nicola Segatta ouvrira le bal à 11 heures, suivi par le dialogue baroque-flamenco de José Sanchez & Alberto Garcia et le collectif américain Roomful of Teeth & Gabriel Kahane.

Après une séance d'écoute d'archives sonores de chants traditionnels corses jeudi 17 septembre, les Humanophones investiront la scène à 18 heures pour un spectacle mêlant voix et percussions corporelles. Les mélodies persanes de Maliheh Moradi, Kiya Tabassian et Hamin Honari clôtureront la soirée.

Vendredi 18 septembre, le public sera transporté sur les routes de la Soie par Frank Tenaille, puis s'imprégnera de la mélancolie irlandaise de Séamus & Caoimhe. En clôture, le groupe hôte A Filetta reprendra possession de son fief avec son spectacle L'ante nove.

Enfin, pour clore le festival, l'Argentine Rosela Libertad fera résonner son chant sous les voûtes de l'église Sainte-Marie Majeure. Elle sera suivie par l'ensemble médiéval italien Micrologus à la salle de spectacles, puis par la vénézuélienne Rebecca Roger Cruz.

Des expositions et du street-art

Comme chaque année, les artistes resteront plusieurs jours sur place et pourront se retrouver à la Poudrière pour échanger : "C'est en fait un véritable incubateur créatif. On découvre souvent après coup de nouvelles créations communes, nées à Calvi pendant les Rencontres !"

Le festival propose aussi des expositions photographiques d'Armand Luciani et Oliviez Sanchez dans les magasins de la Légion étrangère, et une exploration des liens entre sacré et sorcellerie en Corse à la Poudrière.

Enfin, l'artiste sicilien Alberto Ruce, du collectif Popularte, réalisera une fresque sur l'un des murs de la gare de Calvi pendant toute la durée de l'événement.

Concerts 11 heures : de gratuit à 10 euros. Concerts 18 h 30 : 17 euros. Concerts 21 h 30 : 27 euros. Pass festival : 165 euros. Tarifs réduits, infos et réservations : 04 95 65 23 84 / svegliu@gmail.com

Retour sur les Rencontres avec l'émission "Chemins de Terre" du 28 septembre



Calendrier perpétuel des Rencontres

(merci à Max pour ses explications)